dimanche 12 juillet 2009

Le mariage littéraire comme solution à la crise financio-existentielle

Je pensais être trop jeune pour penser au mariage ou plus tourné vers la gent féminine. J’ai fini par faire la singulière découverte de mon irrésistible attirance pour les mots.

Pas un «justice immanente » ou un « populisme » que je n’aie pas fini par désirer. Pas une belle tournure de phrase qui ne m’ait pas fait tourner la tête.

Quand j’ai commencé à courtiser les expressions, je n’aurais jamais pu imaginer que je finirais un jour par en être attaché au point de prendre un terme pour épouse. C’était sans compter sur le tyrannique décolleté qui mettait en valeur la générosité de la nature avec ce mot qui avait pourtant si peu de lettres.

J’ai fini, donc par succomber au charme des mots. J’ai accédé à leur monde qui ne demandait ni visa ni entretien ni même une présélection. C’est dire combien les jeunes d’aujourd’hui se désintéressent de cette dimension, pourtant si captivante.

Le jour de notre mariage, on a choisi un orchestre muet.
C’était une grande première mondiale. Jamais une union n’avait été célébrée en silence que je sache.

Mais certains mots étaient bien trop sensibles pour se taper quatre heures de pollution sonore, de Fatma Bousseha dont la valeur des chants se mesurait en décibels.
Cela risquait d’heurter cette sensibilité à fleur de peau et de réveiller ainsi certains maux.

Parmi les convives, il y avait toute la « high society » des phrases. Il y avait toute l’académie française… Des « néanmoins » en pagaille, aux verbes conjugués à l’imparfait du subjonctif en passant par des mots pompeux ou interminables tels « anticonstitutionnellement » qui passait la soirée à se vanter d’être le plus long de l’assistance.

On s’est acharné à organiser pacifiquement ce mariage et pour ce, on était obligé de veiller à ce que l’indicatif ne s’attable jamais à un subjonctif. Vu que ce dernier trop imbu de sa personne ne pouvait concevoir d’être attablé à un minable verbe au présent de l’indicatif. Encore moins s’il était aussi du premier groupe.

J’étais entouré de phrases simples et concises qui circoncisaient l’abjection d’une routine et d’une lassitude qui se faisaient insupportables et paraphrasaient un bien-être que je croyais perdu pour toujours. La vie était si belle dans cette peuplade éloignée.

J’étais comblé de bonheur. Je n’avais jamais soupçonné l’existence de tels plaisirs en dépit de leur présence à ma portée depuis mon jeune âge.
J’ai perdu tant de temps à rêver ou à aduler telle ou telle créature terrestre, lamentable mortelle.
Alors que j’avais tout près de moi toute l’immortalité.

Dieu m’a guidé vers le droit chemin même si, dans ma vie, j’ai pris le deuxième tournant à gauche.

Par accident, j’étais revenu. Ou peut-être ne suis jamais retourné.
Ou peut-être n’est-ce qu’un mirage…

Vivre dans un monde artificiel, un faux-idéal, une république montée de toute pièce, lever les yeux au ciel et prier pour je ne sais quelle faveur et voir l’utopie dans l’immense obscénité de ces faubourgs oubliés.
C’est peut-être là, le chemin le plus puéril du bonheur, mais probablement aussi le plus fantastique et le plus surprenant.

jeudi 9 juillet 2009

Le jeune Wassim Herissi alias Khali9a TV sur les ondes de Mosaïque FM (aflem), The tunisian dream…



Je le dis clairement et dés le départ, je méprise cette radio et la plupart de ses animateurs pour leur prétention « déplacée » (même s’il n’existe pas du tout de prétention légitime).

Notamment, le nullissime Boubaker, auteur de l’impardonnable crime contre l’humanité plus communément appelé : « Dédicaces ». Cette émission dans laquelle ce dernier s’illustre à maltraiter les participants à travers un humour de très mauvais goût et un ton de fanfarons de la pire des races.

Aussi, faut-il le rappeler, l’unique Naoufel qui a réussi l’exploit d’appeler ouvertement à la censure du blog de Zabrat au cours de l’une de ses émissions où il avait comme invité notre « génie national » Karim Ghariani (le jeune ado qui a cru avoir résolu tous les problèmes de ce pays en trouvant une simple démonstration et qui s’est laissé tenter par une campagne pathétique de vantardise inutile)
Mais tout cela ne m’empêche de reconnaître que cette station a réussi un très bon coup en embauchant Wassim Herissi connu de la quasi-totalité des tunisiens pour ses magnifiques imitations.

J’ai toujours voué une admiration sans bornes à tous ces jeunes qui n’ont pas attendu d’avoir un père haut placé ou un oncle qui connaissait quelqu’un pour le pistonner.
Convaincu de son talent, il a lancé sa Khali9a TV d’abord sur des cassettes et puis, technologie oblige, sur internet.
Aujourd’hui, c’est un artiste complet, connu et reconnu, imité par plusieurs autres, initiateur d’un véritable phénomène de société ou toute la jeunesse tunisienne reprend ses désormais célèbres expressions du genre : « Na7kou lougik », « gollou gallek ci bon » ou encore, « merci ta3ala ».
C’est peut-être le comble que sur ce blog je fasse la publicité du site de Mosaïque FM, mais la fin justifie les moyens, vous retrouverez la rubrique « Seyess khouk » de Wassim sur ce lien.
(Je n’irai tout de même pas jusqu’à encourager à écouter mosaïque… pour des raisons d’hygiène auriculaire et de pollution auditive)

Commencer de nulle part, gravir les échelons à son rythme sans l’aide de personne et finir par s’imposer de la plus belle des manières.
La jeunesse sait maintenant qu’elle peut compter sur un « tunisian dream », et qu’avec du talent et du culot, on peut forcer les portes du destin sans pour autant se jeter dans la mer sans garanties ni bouteille d’oxygène.

mercredi 8 juillet 2009

Le quotidien Essabeh ou le crépuscule du journalisme tunisien



C’est une affaire tragicomique à laquelle on a assisté dernièrement.
Un journal de l’envergure d’Essabeh qui vient de réaliser une entrevue imaginaire avec le chanteur français Charles Aznavour.
Aussitôt, Aznavour a démenti à l’AFP qu’il comptait prendre sa retraite juste après le concert qu’il donnera dans le cadre du festival de Carthage.
Comment sommes-nous arrivés à ce niveau de bassesse ?

Ce sont ces mêmes journaux redresseurs de tort et éternels donneurs de leçon, qui se permettent à chaque fois que l’occasion se présente de dénigrer la blogosphère tunisienne et les bloggueurs en général à travers des articles qu’ils n’ont même pas l’audace de signer.
Un journaliste qui trompe sa rédaction en fournissant une entrevue montée de toute pièce… Ceux qui s’interrogent sur l’absence de journaux tunisiens dans les revues de presse internationale ont désormais une réponse satisfaisante.

C’est à cause de journalistes pareils, dépourvus de toute déontologie et du moindre professionnalisme, que le 4ème pouvoir tunisien est quasi-absent.

Beaucoup se demandent à propos de la crédibilité de la presse tunisienne après ce coup dur… Mais depuis quand la presse tunisienne a-t-elle une quelconque crédibilité ?!
Ce sont pour la plupart des torchons menés par des pseudo-journalistes.

Cette affaire survient, faut-il le rappeler juste après un scandale qui a touché la presse écrite tunisienne concernant le plagiat d’informations collectées par le site e-s-tunis.com

samedi 4 juillet 2009

La génération de l’ennui



On est tellement nombreux à craindre beaucoup moins la mort que l’ennui, à se ronger les ongles et à se dire qu’on serait surement mieux ailleurs à faire autre chose.
Mais on reste tout de même sur place à glander toute la journée, à attendre que l’horloge tourne, que les jours défilent inexorablement vides.

On essaie de meubler notre temps par n’importe quoi pourvu qu’on se sente vivre à travers une tasse de thé aux pignons ou même un capucin au gout amer du cramé que l’on dissimule vainement par ces innombrables morceaux de sucre.

Et puis on parle… de tout, mais surtout de rien… On fait semblant de raisonner, de débattre de sujets importants et de critiquer telle personne ou tel sujet avec une curieuse préférence aux propos diffamatoires enflammés qu’il est préférable de ne pas répéter sur cet espace de liberté sous peine d’offrir à Ammar un motif de censure inespéré.

On essaie d’être racistes, répugnants, haïssables, de perpétrer des blagues de mauvais gout, étant incapable de retenir cette envie d’exister, de laisser une emprunte dans cette vie insignifiante quitte à y laisser d’abjectes matières fécales.

On ne l’avoue jamais, mais ont vit une perpétuelle crise existentielle, accablés par la conviction d’être de jeunes gens bourrés de talent, d’être pratiquement les seuls à le savoir et de n’avoir jamais la présence d’esprit d’exploiter ses capacités à bon escient.

Pour garnir cet énorme espace dépeuplé que sont nos vies éparpillées, on s’attache à un regard, à une voix, à un corps, à une bouteille d’alcool ou même à un club de football. On en fait un problème existentiel, une affaire de vie ou de mort.

Néanmoins, on garde toujours l’espoir d’un lendemain meilleur sinon on se serait bien laisser tenter par la pendaison (ou à une autre distraction tout aussi sympathique) depuis fort longtemps.

vendredi 3 juillet 2009

Le sourire légendaire d’un jeune amputé


Jamais je ne pourrais oublier ce jeune homme de 25 ans diabétique depuis sa tendre enfance qui a fini par subir la cruelle sentence de devoir s’acquitter d’une exorbitante partie de son membre inférieur droit en guise de tribut imposé par le destin pour qu’il puisse continuer à vivre.
Comment le pourrais-je vraiment quand ce jeune arrivait à garder le sourire en dépit de la rocambolesque tournure qu’a pris sa vie.
Enfant d’un quartier populaire de Bab Souika, il était, naturellement, un féru de l’Espérance Sportive de Tunis.

Il avait les larmes aux yeux quand il me parlait de ses souvenirs dans la quasi-totalité des stades du territoire tunisien. Il suivait le club partout. C’était un inconditionnel. Peu importe qu’il neige ou qu’il pleuve, il était toujours là, le jour J à applaudir et encourager ses idoles.

Les études n’étaient pas vraiment son point fort, c’est pour cela que son choix de quitter prématurément les bancs du lycée n’était qu’un choix raisonnable et d’une remarquable suite dans les idées.

Il avait tout de même une logique imparable dés qu’il commençait à parler, une véritable éloquence qui retenait toute l’attention de ses interlocuteurs.
Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il pouvait se mettre à la politique parce que malheureusement pour lui, il ne savait pas mentir.

Je l’ai senti le jour où le Club Sportif d’Hammam-Lif a fait match nul avec ses « sang et or » au stade d’El Menzah et a rétrogradé de ce fait ce club à la deuxième place du championnat derrière le Club Africain. Quand j’essayais de le taquiner, il évitait de me fixer dans les yeux de peur probablement que je décèle dans son regard un brin de colère. Ce qui était fort courtois de sa part.

Chaque matin, toujours à la même heure, je me dirigeais vers sa chambre, première à gauche du « Coté hommes » de ce service dont le nom et l’architecture laissent à penser que ce ne pouvait être qu’un couvent dans une être ère.

Je refusais de fixer cette jambe amputée, ce qui aurait été normal vu que je suis un étudiant qui est là pour apprendre à travers ces malades.
Mais lui, c’était un malade d’un autre genre. Il était trop jeune, trop fragile, je pense, pour que j’aie le sérieux d’examiner cette profonde blessure qui balafrait la morphologie de son corps.

Il était hospitalisé depuis des mois en attendant que la plaie se referme et permette à sa famille de lui fournir une orthèse.

Ce qui me semblait incroyablement herculéen de sa part, c’est de n’avoir pas perdu sa joie de vivre alors que je suis certain qu’il ne s’y attendait nullement d’être réduit par un handicap pareil aussi rapidement.

Dans une expérience passée, j'ai vécu des moments que je qualifierais d’insignifiants par rapport à ce qu’il est amené à vivre. J’ai, cependant été amputé de mon sourire pendant fort longtemps.

Mais il est des gens que la vie n’arrive pas à faire sombrer et ce n’est pas du tout faute d’avoir essayé…


[Texte dédié à Ahmed, un patient qui ne se reconnaîtra pas]

jeudi 2 juillet 2009

La mort à la clé



Il a tout juste vingt ans et un permis de conduire flambant neuf en guise de clés de l’enfer. En dépit de l’interdiction absolue infligée par ses parents de prendre la voiture, ce jeune rebelle qui se nourrit de vitesse n’a aucun scrupule à voler cette trois cylindres et à en faire une voiture de courses en pleine ville.
Esquivant les êtres humains tels des cônes en plastique teintés de blanc et de rouge fluorescent.
Ce jour là, comme à son habitude, il prit les clés et n’en avisa personne. A peine entré dans cette artère surpeuplée du centre ville, il monta les vitres jadis électriques, appuya sur le champignon et s’en alla caressant le ciel.
Il adorait cette sensation de toute puissance qui le submergeait quand il faisait peur aux passants et aux autres automobilistes, son sport favori était de flirter avec la mort dans une danse aussi périlleuse que palpitante.
A mesure que l’adrénaline montait, que son cœur battait à une fréquence encore plus élevée, que sa peau transpirait, il appuyait toujours aussi fort sur le champignon.
Le rythme des percussions de sa musique préférée, la « house music », le déconnectait de cette réalité cruelle qui allait soudain le rattraper quand une jeune demoiselle qui portait un bébé de 7 mois traversa la rue de ce quartier résidentiel sans faire attention.
Son corps fut projeté à 30 mètres du point d’impact et elle ne s’arrêta que lorsque son corps percuta un des immenses arbustes qui démarquaient la rue.
La mort pointe son nez, très souvent lorsqu’on s’y attend le moins. Les témoins de cet accident ont confié que rien que le vacarme causé pouvait laisser présager du pire.
Notre jeune (anti-)héro, était le seul survivant.
Cette faveur divine était curieusement insupportable pour un jeune amoureux de la vitesse et qui n’avait jamais songé à la portée de ses actes.
Il démarra la voiture en catastrophe et fuit lâchement surveillant nerveusement sur le rétroviseur les deux corps inanimés de ses martyrs. Il fut rongé par les remords...
Il baissa tout de même le son en respect à ses deux âmes probablement perdues à jamais, fit couler quelques larmes et se dit tristement que c’était peut-être la fin… Ou peut-être pas s’il déguerpissait pour un bon bout de temps jusqu’à ce qu’il y ait prescription…
Mais son unique lueur d’espoir s’éteignit définitivement quand il se rappela que sur les condamnations pour meurtre, il n’y a jamais de prescription.
Il arriva enfin à l’inévitable constatation : Il n’était peut-être pas mort… Mais il était déjà en enfer !

mercredi 1 juillet 2009

Comment une blogosphère malade ose-t-elle parler de censure ?!

Depuis un certain temps, la blogosphère est devenue minée par les ressentiments, divisée en clans.
A observer de plus prés sur les agrégateurs de blogs tunisiens, on se rend compte de l'ampleur des symptômes qui tentent sauvagement de faire plier cette blogosphère autrefois pleine de vie et de créativité.
Aujourd'hui, les bloggeurs n'écrivent plus que rarement comme pour se rappeler qu'ils existent encore en dépit des apparences.

Où est la censure dans tout cela me diriez-vous?
La censure n'est pas un sujet d'actualité à ce moment bien précis de la vie des blogs tunisiens. D'ailleurs, maintenant, Ammar doit jubiler, assis au fond d'un fauteuil moelleux dans son bureau climatisé parce qu'il n'a plus de boulot !
Dans cette pauvre blogosphère, il n'y a même plus matière à censurer. Et paradoxalement, c'est le plus triste dans l'histoire… Parce que si la censure sur le net tunisien est toujours en plein essor, c'est surtout la blogosphère qui connait une décadence la rendant de plus en plus insignifiante.
En cette journée de la liberté d'expression des bloggeurs tunisiens, je n'aurais qu'un seul vœu à formuler:


تصبحون على بلوغسفار