mercredi 29 juillet 2009

Esclave des temps modernes destiné à la rédemption



Je ferme les yeux.
Je suis aussitôt transporté à bord d’une embarcation surpeuplée de mes semblables.
Je suis comme on dit un individu de couleur, la santé n’a peut-être pas de prix, mais je suis à vendre et le moins que l’on puisse dire c’est que je ne suis pas hors de prix.

En compagnie de mes compagnons de galère, nous ramons sous la menace des fouets qui nous guettent du coin des yeux. Nous ramons avec comme absurde destination notre enfer,
Les marchés de cette Afrique du Nord qui saura nous trouver un endroit où crécher et un boulot.
C’est une véritable aubaine en ces temps de crise.
Ils nous aiment tellement qu’on aura en guise de bonus, un maître qui nous commandera.

Nos lourdes chaînes nous rendent la besogne quasi-impossible.
En effectuant les taches qui nous sont imparties, nos attaches se frottent et de ce frottement nait un son assourdi par la multitude de parasites qui sévissent à bord de notre bateau usé.
C’est cette sonorité qui fera un jour éclore la musique gnawa, maitrisée par les Nass el Ghiwane et les Jil Jilala… et qui a inspiré beaucoup d’artistes de par le monde comme Jimmy Hendrix tant elle véhicule de souffrances et de peines.

A peine arrivés sur le port de Tunis, ils nous emmèneront illico au marché des esclaves qui sera plus connu après sous le nom de Moncef Bey et sera réservé au commerce de l’électronique.

Mon esprit fredonne, la Redemption song de Bob Marley…

« Old pirates yes they rob I
Sold I to the merchant ships…

Minutes after they took I
From the bottom less pit… »

Mon esprit s’arrête ensuite pour un moment, le temps de contempler la profondeur du couplet qui dit :
« But my hand was made strong,
By the hand of the Almighty »

Bob a tout dit.
Je chante et je pleure.
Damné sois-tu Bob, tes mots font ressurgir toutes mes peines.
« Cause all I ever had…
Redemption song !!! »

Ni argent, ni vêtements, ni livres, ni instruction, ni droits… Que de haine, que d’oppression.
Je pleure et oxyde avec mes larmes mes chaines toujours aussi accablantes avec en plus l’insupportable odeur de la rouille.
Le fouet me parle. Il aligne mes maux, sans syllabes ni sujet ni verbe ni même un complément.
Que de coups, que de violences supervisées par les régiments.

« But my hand was made strong,
By the hand of the Almighty »

Mon dieu prend mon âme, je te la rends égarée, troublée, outrée.
Elle refuse de vivre assujettie.
« Redemption song !!! »

Elle chante, mon âme, ô dieu le tout puissant le « Almighty ».
Ils ont assassinés tes prophètes, et brandit tes livres sains.
« Almighty » libères moi de leur inconscience et de leur haine.

…………………………………………………..

Ohhhhhhhhhh
Où suis-je à présent ?!
Est-ce les nuages que je vois là ?
Est-ce le paradis ?

Ce bien-être, cette sécurité ambiante.
Je vole.
Dieu, the « almighty », tu m’as sauvé des griffes du mal !

C’est au summum de la souffrance que le bonheur absolu fait souvent surface.
Je garderai toute ma vie les stigmates de ces pirates qui ont massacré ma famille et m’ont enlevés pour me vendre en tant qu’esclave.
Je ne suis pas un esclave.
Personne n’est esclave.

Je suis né pour être libre. Je suis mort pour rester libre.
Même si au vingt-et-unième siècle il demeure toujours des esclaves sur terre.
Des esclaves de leurs pulsions, de leurs aprioris, de leur bêtise, de leur ignorance.

Heureusement que dieu existe, et que tant que la mort ne nous touche pas, il reste encore une chance pour une éventuelle rédemption…
Chantons tous en chœur : « Redemption soooooooooong »

Et tant que « But my hand was made strong, by the hand of the Almighty », la vie ne pourra que valoir le coup d’être vécue.

…..

J’ouvre difficilement les yeux.
Une douleur à l’orbiculaire de l’œil tente farouchement de m’en empêcher.
Il est 7 heures du matin, après seulement deux heures de sommeil, il est déjà temps de rejoindre la vie active.
Je pars, tourmenté, à la suite d’un rêve qu’on aurait juré tangible fredonnant à longueur de journée triomphalement « But my hand was made strong, by the hand of the Almighty ».

lundi 27 juillet 2009

Si seulement il avait su…



19h32, Rue de Rome, Tunis

Personne ne le sait, mais dans exactement deux minutes quarante-sept secondes un jeune fougueux aux cheveux longs gominés va trouver la mort subitement à la suite d’un terrible accident de la voie publique.

Les circonstances de l’accident sont d’autant plus dramatiques. Ayant eu le tort de traverser trop occupé à défendre l’honneur de son club favori, une ISUZU n’a même pas daigné lui causer une mort digne…
Vu qu’elle l’avait écrasé tel un minable cafard avant de prendre la fuite sans que personne n’ait la présence d’esprit de noter sa plaque minéralogique.

Comme à son habitude la populasse s’est ruée sur « l’évènement » pour admirer le formidable paysage d’un jeune agonisant entouré par une effroyable mare de sang.

La totalité des témoins étaient restés les bras croisés, les yeux braqués vers la victime du jour de cette hécatombe que sont nos routes.
Aucun n’a pensé à alerter les secours omettant peut-être qu’il est un devoir citoyen élémentaire que de porter secours à une personne en danger ou du moins à appeler le SAMU.
Sous d’autres cieux on aurait réclamé et surement trouvé parmi les « spectateurs » une personne formée au secourisme comme il était de coutume de procéder.
Mais chez nous, on vous répondra naturellement que « Ce n’est pas ma spécialité !»

L’esprit du jeune homme étendu sur le sol, travaillait à une vitesse effrénée. Il se répétait inlassablement : « Non ce ne peut pas être la fin… »

Mais, si…bien hélas.
On ne choisit pas sa mort. S’il avait eu le choix, il aurait au moins préféré une voiture un peu plus luxueuse qu’une méprisable ISUZU.

Il regretta amèrement de n’avoir jamais cassé la gueule à leur voisin de palier qui s’acharnait à lui pourrir la vie sans qu’il ne réponde sous prétexte de respecter les règles rudimentaires de la bienséance.

Ou cette brune au teint clair qu’il contemplait chaque jour en croisant de temps à autres son regard hypnotisant. Mais, il ne lui avait jamais parlé de son amour de peur, certainement de se voir chassé définitivement de son royaume, ce qui pouvait anéantir sa vie d’un coup.

La prière aussi… Oui la prière !
Pourtant, il n’y avait jamais songé. Quand il entendait l’appel à la prière résonner dans l’atmosphère, c’était pour lui rien qu’un son dénué de toute portée.
Mais maintenant avec la face contre terre, mordant la poussière, à deux pas de la fin, il y pensait fortement.
Pourquoi il a fallu qu’il soit dans cette situation peu enviable pour juger bon de se prosterner ?
L’homme a cette incroyable capacité de n’atteindre l’humilité que lorsqu’il a tout perdu.

Sa vie défilait devant ses yeux, par bribes d’images avec comme image de fond le spectre de ces hyènes qui faisaient mine de s’apitoyer mais qui dans le fond, il le savait pertinemment n’étaient là que pour assouvir leur soif de sang.

Pour une fois, il était la star, celui qui retient l’attention de tous. En soit, c’est une incroyable ascension sociale pour l’extrêmement timide qu’il a toujours su rester.

C’est le moment où il commençait à balbutier quelques syllabes pour retenir l’attention de la foule endormie sur la nécessité de prévenir rapidement les secours, que la mort a choisi.
Et la mort, c’est bien connu, a toujours le choix. Elle aurait même pu lui distinguer une voiture de luxe pour le sale boulot… Mais, voilà !
La mort s’est prononcée et il a fallu que ce soit une ISUZU qui s’exécute.

Dix minutes plus tard, l’équipe du SAMU arriva sur les lieux et s’acharna vainement à réanimer un patient déjà parti sans retour.
Les gens continuaient à affluer de toute part pour ne rien rater de ce spectacle tant surprenant que gratuit !

Mais ces adeptes de séries tv en mal d’adrénaline et passant la majeure partie de leur temps à cultiver leur hébètement derrière un écran d’ordinateur n’affichant qu’une seule adresse, celle de facebook, peinaient à croire que c’était fini.

Oui ce jeune bien portant est décédé sur les lieux de l’accident.
Heure du décès : 20h approximativement.

La foule, ayant fini par comprendre, avait commencé à se dissiper laissant sur place ce corps inanimé gisant momentanément en l’attente d’être déplacé.

Ils se frottaient pratiquement tous les mains, ce soir ils auront au moins une histoire extraordinaire à raconter sous les yeux ébahis de leurs proches.
Ils se surpasseront chacun à sa manière à enrober l’histoire d’un caractère surréaliste pour décupler l’effet sur les auditeurs.
Dommage que vu la nature macabre de ces faits, personne ne les applaudira vers la fin.

samedi 25 juillet 2009

Texte en mal d’inspiration…



C’est peut-être l’effet de la chaleur humide de notre pays, de cette transpiration.
Même s’il est plus séduisant d’épouser la théorie du complot, de la conspiration.

Texte livide, sans tête ni queue, sans âme et ne communicant aucun état d’âme.
Texte plus difficile à finir que de rejoindre l’autre rive à la rame.
Ensemble de mots exsangues, ne dégageant aucune sympathie, aucun message.
Ne véhiculant ni amour, ni haine, ni compassion, ni gêne, ni même un semblant de rage.

Texte qu’on lit en diagonale juste pour faire plaisir à son auteur.
Sans introduction, sans conclusion et sans concept moteur.

Écrit qui n’a sincèrement pas lieu d’être.
Qui clame ouvertement son patriotisme mais qu’on connaît traitre !

Manuscrit rédigé avec une écriture d’une laideur exemplaire.
Qui ferait volontiers grimacer une jeune écolière.

Texte à mi-chemin entre la poésie et la prose.
Ricanant le long des lignes malgré l’ambiance morose.

Termes alignés dénotant d’un outrageux mauvais gout
Qui muselle les passions et suscite le dégout.

Termes suicidaires qui feraient mieux de se taire.
Et qui en contemplant la lune confient qu’ils n’ont rien à foutre sur la planète terre.

حب الجمعية

صحيح ما وردت في حتى نص مقدس ولا في صحيح مسلم لا عند الترمذي أما حب الجمعية ظاهرة حرام نتجاهلوها.

توا مديدة صغيرة، موقع العربية حكى إستناداً إلى جريدة تونسية نخير لأسباب إنسانية ما نسميهاش، أنو فما إنسان أصيل مدينة قليبية كان متيم بحب النادي الإفريقي كيف مات خلى لعايلتو وصية يقول فيها أنو يتمنى لو يدهنولو قبرو بألوان الجمعية كدليل لوفاءو للنادي حتى بعد موتو.

عمركمشي سمعتوا بإنسان كان مضروب في طفلة، قبل ما يموت وصى أهلو باش يدهنولو قبروا بلون
شعر أو بشرة أو اللون المفضل للبنية ؟

هذا من غير المعقول...

حب الجمعية أقرب ما يكون من العبادة.
فيه إخلاص غير مشروط، وبذل من غير حساب وحب لا متناهي. في الأرجنتين وصلت الحكاية بيهم إلي توا جمعية البوكا جونيورز عندهم مقبرة خاصة بمحبين الفريق كلها مطلية بالألوان الزرقاء والصفراء.

حب الجمعية يهد هدة واحدة على قلب عادةً ما يكون فيه فراغ يسعى المرء مهما كلفه ذلك باش يملاه. حب الجمعية يسكن بين الضلوع ويصبح بين عشية وضحاها معنى الوجود. حب الجمعية وعلى عكس ما قد يشاع له، ليس بمظهر من مظاهر التخلف بل جانب شرعي من حياة الفرد كحبه لفكرة، أو لجهة أو لشخص ...

حب الجمعية يسمو بالفرد من مجرد كائن حيواني مقينة عليه و يعدي وقتو ينقش في القلوب إلى كائن حيواني (ساهلة هي باش يولي عبد؟) يحاول بذل كل جهدو، ويشغل بالو من أجل الإرتقاء بفكرة هي النادي الذي ينتمي إليه. صحيح كرة القدم وغرامها والرياضة بصفة عامة هي والهالة الإعلامية إلي تتبعها يخليو الفرد يدخل في حالة هستيريا يولي فيها المواطن الرايض العادي يكسر ويسب ويخرب ويشاغب.

ولكن نتصوروا لحظة بركة ما كانتش فما رياضة في بلادنا، آش كنا نعملوا طوال الجمعة؟ أنا متأكد إلي نسبة الإجرام راهي طالعة أكثر ببرشة مما هي عليه الآن كيما يقول المثل الفرنسي الفراغ أم الرذيلة.


شخصياً من إلي حبيت جمعية حياتي تبدلت. نحكي عليها في وسط الجمعة، فين ندخل للانترنات وإلا نقرأ جريدة نسأل عليها وحتى في الليل نتكشف عليها وأخيراً بالطبيعة عادةً نهار الأحد نكون شادد بلاصتي بأحد الملاعب "نشجع وإلا نروح" كما تقول الأغنية.


نعرف إلي الناس الكل تتصور إلي كرة القدم في البلدان النامية والمكانة الضخمة إلي تحظى بيها في قلوب الناس مجرد مخدر لعقول المواطنين حتى يبتعدوا قدر الإمكان على التشويش ونشر البلبلة في ميادين أخرى تبدو حساسة أكثر من الرياضة.

لكن بالنسبة ليا، مع الفراغ الروحي إلي يعيشو التونسي بصفة خاصة أحسن دواء ولو وقتي هو بدون أدنى شك الرياضة حتى لا يصاب الشعب بالإحباط، وحتى يقصد ربي المواطن التونسي للعمل متاعو بأكثر جدية وتتحسن كان صدقني ربي الإنتاجية.

vendredi 24 juillet 2009

Quand rien que le fait de tourner une page devient un acte douloureux


Dans le roman de ma vie et ses rocambolesques méandres, le premier chapitre s’est achevé d’une rapidité déconcertante avec une incroyable clarté dans le texte aux magnifiques caractères écrits à la main avec une insolente insouciance.

J’ai, aussitôt, décidé d’attaquer le deuxième chapitre.
Par hasard ou peut-être bien par le fait d’un destin qui s’est maquillé en hasard, d’autres voix m’ont rejoint.
Je lisais le premier paragraphe et je m’agrafais illico aux yeux de mon « inter-lectrice ».
Ces expressions voulaient tout dire. Mais je voulais tellement en dire plus.
Cependant, dés que je commençais à m’attacher à la page 24, il était très vite temps de passer à la page 25.
Je le faisais, le cœur et les gestes alourdis par une déception qui était à la mesure de l’importance de la page. Mais je suis toujours arrivé à dépasser mes pages.
Et quand j’arrivais à la page 30, le numéro 24 ne me disait plus rien.

La plus belle page qui ne m’ait jamais croisé, c’est surement la page 37. J’ai croisé les doigts pour la garder. Mais j’ai peut-être trop croisé les bras en passant.
La lecture n’étant pas une activité de tout repos mais une véritable croisade contre l’oubli et l’ennui.

Ma page s’est enfuie avec un autre lecteur qui était surement moins assidu que moi.
Ma page ne savait pas ce qu’elle faisait en me brisant le cœur. Je demande au seigneur de pardonner à ma page. Mais, c’est improbable que le seigneur daigne pardonner.
Etant moi-même rancunier quand il s’agit des pages.

Depuis, j’enchaine les ratures. Mais le livre s’est fixé, à ce que je vois, irrémédiablement sur la page 37.

Quand le pouce et l’index, généralement légèrement hydratés par le bout de la langue, dans un mouvement, il est vrai, complexe mais réalisé machinalement, tentent de passer à la page suivante… Il y a véritablement blocage.
La douleur commence à gagner les doigts tel un tonnerre dans un ciel serein. Petit à petit ce mal atteint le cœur et irradie à tout le corps paralysant l’âme de tout ce qu’elle comptait entreprendre.

La page 37 a ainsi commencé à m’habiter… M’obséder… Me rendre fou et m’aliéner…
C’est fou ce qu’une simple page peut faire d’un organisme complexe fait de viscères, de cerveau, de cœur et de tout ce que vous savez…

Oui, j’ai pensé, comme vous brûlez d’envie de me le crier, à déchirer la page. Hélas mon cœur s’est déchiré avant que je n’en vienne à bout.

En attendant de trouver les solutions à ce problème existentiel qu’est celui de tourner une page, j’ai jugé que la meilleure chose que j’avais à faire était de fermer momentanément le livre et de le ranger sur cette étagère, le temps que la poussière du temps fasse son effet.

Après il suffira d’un coup de chiffon pour tout dépoussiérer, et au moment voulu on entamera volontiers toutes les pages qu’il faudra pour trouver sa page fétiche !

jeudi 23 juillet 2009

Entre les mots et les coups de poings, entre le marteau et l'enclume


Pour un individu qui a grandi dans un quartier néo-populaire qui vénère le langage des poings et érige ses bandits en héros de guerres, être devenu un ami des mots est un vrai miracle !

Il faut dire que les termes et les poings n’ont jamais été en bons termes. Quoiqu’ils aient essayé de retisser leurs liens fragiles par l’intermédiaire de centres de thermalisme mixtes.

Malheureusement, ce n’était que peine perdue vu qu’à peine la courbe thermique prenait une allure ascendante, les poings s’en prenaient aux mots.

Les mots restaient figés de peur de se casser même une petite branche, ce qui pouvait définitivement reléguer le « Q » à un « O » ou le « R » à un « P »
Ils erraient têtes basses et la démarche lasse, ne sachant quoi répondre et préféraient souvent de se taire de peur de froisser les poings.

Quand bien même les mots apparaitraient comme vaincus d’avance, c’était une faute impardonnable que de les sous-estimer.
Les mots cachaient une puissance insoupçonnable, un pouvoir inimaginable celui de la propagande, du lavage de cerveaux, celui de lancer des rumeurs qui pouvaient à elles seules détruire un être humain voire éradiquer toute une peuplade.

Mais la faute des poings, c’est qu’ils n’avaient pas de cerveau pour raisonner… D’ailleurs, c’était inutile d’essayer de les raisonner.
Pour eux, le but suprême de notre existence réside dans les points qu’on pourrait amasser en collant des coups sur les tempes (étant l’os le plus fragile du crâne) de tous les contestataires pour peu qu’ils aient la mauvaise idée d’user de mots jugés inconvenables.

Sur le court terme, les poings pourraient bien gagner une multitude de batailles, brandir la ceinture dorée des vainqueurs et fanfaronner tant qu’ils le voudront.
Les poings avaient les arguments et le poids de mettre aux KO leurs adversaires.

Par contre, dés qu’il s’agit d’un avenir lointain, du devenir d’une civilisation, d’un empire, les mots devenaient tout à coup nettement plus efficaces.

Cependant, comme les poings ne le savaient pas, ils fonçaient têtes baissées croyant anéantir toute forme de résistance qui pourrait tenter d’entraver leur conquête du monde, à priori gagnée d’avance.
Les mots attendaient dignement que leur heure de gloire sonne enfin le glas de la violence.

Mais que faire des mots machiavéliques en ont marre d’attendre et se font des porte-paroles de poings condamnables entachés du sang de leur frères innocents…

Quelques mots à l’esprit mal tourné et aux projets diaboliques pourraient-ils à eux seuls provoquer la perte de tous les dictionnaires du monde ?
Seul l’avenir nous le dira… Enfin, s’il existerait encore des mots pour le faire !

mardi 21 juillet 2009

A combattre la lune, on finit toujours par triompher



Il était trois heures du matin, je me réveillais en sursaut d’un cauchemar qui avait trop duré.
Trop de sang, trop d’obscurité, trop de ténèbres brouillant l’horizon.

Mon corps était crispé, paralysé par la peur de l’inconnu habillé de cette noirceur morbide qui fait que la nuit, nuit gravement à ma santé.

Je sortis ma panoplie de cow-boy vieille de treize ans comprenant avec exactitude une ceinture, un sabre qui avait tout l’air d’une arme à double tranchant, puisqu’elle avait le tort d’être à la fois très lourde à porter mais de n’être aucunement tranchante, un révolver en plastique et un fouet que j’avais perdu de vue depuis que j’ai eu la mauvaise idée de le prêter à notre jeune voisin. (vas savoir à quelles pratiques il est en train de servir actuellement)
Ainsi, je me rendis sur le champ de bataille sans trop tarder. Je m’étais fixé rendez-vous avec la lune, mais elle n’eut même pas le courage de venir en entier.

Elle m’envoya un minable croissant lumineux, comme si elle sous-estimait la puissance de mes coups.

Comme il était de coutume de le faire, j’ai commencé par lancer un « dieu est grand ! » pour que la lune sache à quoi s’en tenir.
Je me suis battu et débattu pendant des heures entières. Je transpirais et usais de toutes les techniques que j’avais apprises dans la rue.
Mais à mesure que le temps passait, mes forces s’affaiblissaient et je commençais à douter de ma capacité à rentrer victorieux de cette éprouvante et interminable bataille.

C’était sans compter sur l’on-ne-peut-plus précieux soutien de dieu le tout puissant !
Puisqu’à 5h16 très exactement, la lune a fini par abdiquer !
J’ai fini par gagner !
La lumière du jour prit définitivement place.
Personne ne le sut à part moi, mais j’étais à l’origine de toute cette modification de la morphologie du monde. J’ai réussi à chasser la noirceur de tout l’univers.
Désormais, la population mondiale tient son héro !
Je serai toujours là pour déloger les mauvais esprits qui viendraient en toute inconscience s’aventurer sur ma planète !

Je passais la plus belle journée de ma vie.

Mais, je n’eus même pas le temps de savourer…. Vu qu’à 19h37, si mes souvenirs sont bons. La planète commençait à récidiver.
La lune comprit qu’elle avait affaire à un adversaire coriace et m’envoya cette fois-ci un croissant encore plus volumineux que la veille.
Fatigué, usé, éprouvé et ne sachant plus à quel saint me vouer… J’ai fini par avoir la lumineuse idée que pour vaincre irréparablement la nuit, la seule et unique alternative qu’il y avait était de fermer les yeux dés que la lumière du jour commençait à disparaître pour empêcher que l’obscurité ne hante notre âme ne l’abandonnant qu’après l’avoir dénué de toute inspiration, ingéniosité et de toute son essence.
J’ai été qualifié de fou allié, voire de fou à lier… Certains sont même allés jusqu’à me juger bon pour la guillotine.

Mais je sais que quelque part dans ce bas monde existent des aventuriers de ma trempe, je passerais le restant de mes jours à les rechercher. Mais un jour, je le sais, on s’unira pour faire abdiquer la nuit à jamais !