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vendredi 31 décembre 2010

Bonne année ma Tunisie !









Une année qui s'achève difficilement, dans la douleur et dans le recueillement.
Des images défilent dans ma tête et me volent le sourire et tout infime espoir de sommeil.

De toutes les femmes du monde, Tunisie je t'ai choisie.
Pour dire vrai, je n'ai pas choisi ton passeport vert qui ne fait pas le poids en demandant le VISA à de pauvres ambassades prétentieuses. Mais aujourd'hui comme hier, je me noie dans ta passion et je remercie le Très-Haut de m'avoir fait citoyen de ta terre bénite.

Je suis là, heureux, à me promener avec délectation, les mains dans les poches dans tes ruelles au doux parfum de jasmin et de détritus.
Tunisie, tu me troubles, tu m'habites, tu me démanges parfois, mais tu m'obsèdes depuis toujours.
Aujourd'hui, je te regarde, ému, les yeux dans le sud. J'en perds même le nord.
Aujourd'hui, je m'adresse à toi avec amertume.
On m'a censuré, ma Tunisie... Oui... Je t'assure que c'est la vérité !
On a jugé mes paroles dangereuses ou pas assez naïves pour passer leur chemin...
Je ne sais pas pourquoi... Pourtant, je t'aime, tu sais...
J'ai fait un blog miroir, qu'ils aillent se faire foutre...
La censure est une pute et tu n'as rien à y voir, je sais...

Passons... Urinons leur dessus (traduction littérale de l'arabe dialectal)

Ma Tunisie, j'ai mal pour toi. Mes maux ne sont pas nouveaux, tu sais !
Cela ne date pas d'hier, les abus, les mensonges, les calomnies et tout ce qui s'ensuit...
Mais, je t'aime quand-même.. Je t'aime comme pas possible... Comme le Club qui ne gagne jamais rien et qui m'émeut aux larmes à chaque match et que je suis partout où il joue.


Passons... Urinons leur dessus (traduction littérale de l'arabe dialectal, comme tout à l'heure)


Pour être franc, 2010 ne fut pas pour moi une mauvaise année. J'y ai aimé comme toujours, tu vois...
Deux filles précisément !
Mais la première ne compte pas, parce que c'est la progéniture de 2009 voire même un peu plus tôt.
Mais ne sombrons pas dans des détails inutiles...

Passons... Mais ne leur urinons pas dessus STP... J'en ai gardé de superbes amies et elles n'ont jamais manifesté même un brin de malveillance.


Mon pays, je ne te parle même pas de l'épisode qui  te secoue de plein fouet... Tu sais ce qu'on va faire ? On va s'en tenir à la version de TV7, c'est mieux: C'est juste un cas isolé d'un dépressif qui a voulu se donner la mort en s'immolant. Un putain de fait divers comme il y en a tellement... Sinon, tout va bien. Tes terres sont encore investie de amen et surtout de amn...
Nessma TV, nous gratifiera d'une version axée de face inéluctable sur la crise mondiale. De la poudre aux yeux, pour faire semblant de forcer le verrouillage médiatique alors qu'il n'ont fait que le renforcer.

Passons... Mais ne leur urinons pas dessus STP... Si pour m'être exprimé gentiment, on m'a censuré, t'imagine si on leur pissait dessus ?

Ne me dis pas que je te soûle ma pauvre Tunisie avec mes histoires, même si probablement, c'est le cas...
Je sais que je suis bavard et que je m'égare souvent du sujet pour lequel j'ai début mon billet.
Sur ce, je te souhaite une bonne nuit, une heureuse année et une éternelle jeunesse comme ma génération qui refuse même l'idée d'incliner la tête quelque soit l'interlocuteur.

Pour cadeau je t'offre cette merveille de Cheikh Imam. Je la fredonne sans arrêt depuis un bon moment. Je ne saurais clôturer mon billet de voeux autrement qu'avec les termes du maître de la contre-culture:


وكل يوم فى حبك تزيد الممنوعات وكل يوم باحبك اكتر من اللى فات

mardi 12 octobre 2010

Fin décembre, un bon film !


Ce qui est bien en Tunisie, c'est qu'il suffit qu'un film local sorte pour qu'il y ait assez de personnes de ton entourage à l'avoir vu et à ne pas y avoir pris gout pour te décourager définitivement de le visionner.

"C'est un film nul!"
Une déclaration sans équivoque que tu n'es même pas invité à discuter.
Cela fait déjà assez longtemps que j'ai décidé de ne plus écouter ces critiques d'art improvisées pour l'occasion.
J'ai vu le film. C'était un vendredi soir, la séance de 21 heures. La salle Hannibal d'el Manar était assez pleine pour une cinquième semaine de projection (si mes calculs sont bons).
Tout d'abord, ce qui nous frappe quand on va voir ce film, c'est le casting impressionnant dont il a disposé. Je cite (tenez-vous bien!): Dhafer Abidine (Qu'on n'oserait pas présenter), Lotfi Abdelli (excellent acteur en dépit de ses innombrables frasques), Lotfi Bondka (Qui fait un excellent baptême du feu cinématographique à l'occasion de ce film), Dalila Meftahi, Jamel Madani, Hend Fahem...
Des gens professionnels, maîtrisant parfaitement ce qu'ils font, capables de t'émouvoir, de te communiquer des états d'âme et des émotions... (Nous saluons au passage Sami Fehri qui préfère faire confiance aux amateurs qui jouent comme des pieds)

Par ailleurs, le film est tourné dans endroits pittoresques, on s'abandonne à contempler des paysages hors normes: des montagnes, la mer et des vestiges...

Mais de quoi parle donc ce film ?
D'un sujet mâché et remâché. Que de films, pièces de théâtre et débats enflammés ont traité de la virginité de la fille tunisienne et des relations sexuelles hors mariage.
Pourtant, on a beau en parler, essayer de briser les tabous, de liquéfier les mentalités fortes d'une rigidité vieille de quelques millénaires... Rien n'y fait.
Il faut tout de même avouer que l'histoire n'est pas si originale que cela, une jeune demoiselle habitant une région recluse du territoire tunisien se lie d'amour avec un jeune homme qui lui promet monts et merveilles. Elle lui donne son corps pour lui dire son attachement, il s'enfuit en courant et la laisse perplexe comme ultime signe de gratitude.
Mais ce qui est intéressant dans ce film, c'est qu'on traite aussi d'un fléau très important en Tunisie à savoir les liaisons quasi-incestueuses qu'entretient tout artiste ayant l'envie de réussir dans son pays avec le pouvoir en place.
Le cas du poète qui a annoncé je cite: "Je suis  d'accord avec tout ce que vous diriez, avant même que vous ne le disiez" dans une réunion tenue entre la population et les responsables du bureau local du parti au pouvoir.
Pourtant il n'y gagne rien de concret. Il veut juste que sa poésie soit reconnue et qu'il soit plus compris et moins marginalisé. On ne va pas dire que c'est l'idée principale de ce film, mais que ce phénomène est survolé et j'ai beaucoup apprécié le clin d'oeil.
Le film se déroule dans une superbe ambiance souvent humoristique parfois poignante mais toujours émouvante. On se sent immergé dans l'atmosphère ennuyeuse et pourtant si exquise de ce village perdu.

Amour, trahison, politique, virginité, traditions, humour, désespoir et détresse se côtoient, s'épousent et se larguent tour à tour.

Au final, c'est un film léger dont on sort ému, attendri et souriant et qu'on ne devrait rater sous aucun prétexte pour différentes raisons dont la plus importante est qu'il faut toujours encourager les productions locales surtout quand elles sont d'un bon niveau.

Il est quand-même à signaler, qu'on n'aura pas de Rim Banna à crucifier cette année comme ce fut le cas avec le film Les secrets (Doweha) vu qu'il n'y a pas de scènes de nu. Ce qui n'empêcha pas un jeune homme assis devant moi de murmurer à sa petite amie (je présume) à la première embrassade: "Ce n'est pas normal, pour un film tunisien dans un pays musulman"...

Pour finir, Je souhaite beaucoup de succès à ce film dans les festivals de Beyrouth, du Caire et de Cannes où ils sera présent. Si vous voulez faire autant, vous savez ce qu'il vous reste à faire, ruez-vous vers les salles de cinéma pour le voir !

lundi 11 octobre 2010

Un petit bout de vie...

On naît dans un cocon familial bellissime.
On grandit au rythme des dualités sacré-profane, vertu-vice et paradis-enfer.
On croit nous commander notre destinée et nous tracer un chemin fleuri.
On y adhère, nous aussi. Vu la beauté de la thèse et notre suggestibilité puérile.
On nous apprend, tout de même, qu'on a le droit de discuter, de crier quand on se sent injustement punis, que la liberté et l'amour existent et qu'ils régissent l'existence.
On découvre les amis, les amours, les feuilletons mexicains, Antonio, Max et surtout Raquel, les baisers volés, l'amour innocent et enfantin où les oiseaux servent de chefs d'orchestre et les nuages de nids d'amour.
On enchaîne les paquets de Grain d'Or, l'air de dire, c'est bien beau d'exister.
On réclame que les frites accompagnent tout plat que Dieu fait. Peu importe, si le bon goût tente de s'y mêler.
Le cholestérol, étant pour nous, l'unique voie du salut.
On regarde le sexe opposé avec intérêt, surtout la petite fille qui avait fait valser mon cœur. C'était mon premier amour, ma première preuve vivante de son existence, mon premier leurre et le premier piège dans lequel j'ai été pris avec tout le plaisir du monde.
Par ailleurs, on ne nous laissait pas nous abandonner à notre belle insouciance, mais on se permet de nous enfermer dans des crèches à la con, où des institutrices aux discours belliqueux nous terrorisent et nous font réciter des slogans pro-Irak dans la première guerre du golfe.
Nous a-t-on demandé notre avis ? Je me fais gronder quand je lui raconte que je ne me suis pas encore fait mon avis là dessus.
"Traître ! Saddam, c'est presqu'un prophète, presqu'un Dieu, alors éteins ton esprit critique et chante ses louanges comme on te dit"
Je me suis tu et j'ai quitté cette crèche là.
D'ailleurs, j'ai changé de crèches comme on rote après un repas gras et déséquilibré, avec une facilité et une répétition déroutantes.
Ayant eu du mal avec l'autorité. Ne saisissant pas, de quel droit autrui pouvait m'imposer ces lois auxquelles je n'ai ni participé à l'élaboration ni accepté les rouages.

Par la suite, vint l'adolescence, apportant son lot de questionnements existentiels et aggravant l'anarchisme qui nous animait déjà, tout jeune...
Pourquoi suis-je là ? Quelle voie emprunter ? On se révolte contre tout et n'importe quoi comme tout ado digne de ce nom pour se donner l'illusion d'exister à son propre compte et d'avoir des avis personnels.
Les parents ? Pourquoi faire ?
La religion ? J'ai une meilleure idée, le Rami dans les cafés perdus de la rue des salines. En plus, si tu perds tu paies.
Si tu n'as pas de sous, tu feras la vaisselle.

On tutoie Dieu, on lui demande pourquoi ils nous a créé du côté des losers... Pourquoi les mécréants sont forts et unis ? Pourquoi l'Espérance gagne tout ? Pourquoi Slim Chiboub avoua impunément que son équipe était avantagée par les arbitres? Pourquoi le CSHL dut quitter la nationale ? Pourquoi les études nous ennuient ? Pourquoi les profs de philo ne jurent que par des philosophes morts et enterrés et ne nous disent jamais ce qu'ils en pensent personnellement ?
Pourquoi l'opposition politique est diabolisée ? Pourquoi l'Islam fait peur ? Pourquoi l'occident est beau ? Pourquoi Tunis est moche ? Pourquoi on n'a pas de pétrole ? Pourquoi les arabes accumulent les sommets pour émettre des discours enrichis en bois alors qu'ils en servent à leur peuple tous les jours ?
Pourquoi ? Pourquoi ?
Comme ce fut le cas à la crèche, on nous pria gentiment de se la boucler... Ce que nous trouvâmes du mal à réaliser.
La directrice du lycée, les surveillants généraux, les surveillants et le censeur en fîmes les frais.
Nous avions faim de liberté, soif de vie et de rires.
Nous sûmes boire le calice jusqu'à la lie.
En sortir grandis et de meilleurs citoyens.
Nous cassâmes des verres, fîmes la loi dans l'enceinte du lycée, scandâmes des chants révolutionnaires que j'écrivais pour la plupart, quand je ne dormais pas.

Bien sûr, nous eûmes des frissons, des frayeurs, des émotions, des punitions et des coups de gueules mémorables mais nous sûmes rester dignes en toute épreuve.
Nous stoppâmes les cours quand la Palestine fit son Intifada parce que la Palestine, on l'aime bien mais surtout parce qu'on voulait goûter à la saveur exquise de la liberté, celle dont on voyait nos ascendants castrés.
Nous avions du culot, de l'humour, de l'énergie. Nous savions trouver les mots, galvaniser les troupes et organiser des tournois de football pour foutre la merde où que nous passions.
Nous faisions des collectes pour venir à bout des préparatifs de ces fêtes.
A cette époque là, les fumigènes et les feux de Bengale n'étaient pas interdits par les lois en vigueur, ce qui n'empêcha pas le surveillant général de nous prendre à parti avant que nous ne lui rendîmes la monnaie de sa pièce.
Là aussi, l'amour fit trembler nos âmes à l'intérieur de nos enveloppes corporelles. Nous vîmes une princesse s'approcher au loin et nous sentîmes aussitôt des palpitations et des sueurs froides à mesure que sa silhouette s'affinait.
C'était elle, et pas quelqu'un d'autre. Nous vîmes nos esprits s'embraser et nous commençâmes à penser que les parents avaient raison, l'amour fou fut...
Puis, les jours défilèrent et nous comprîmes à nos dépens que les belles choses étaient créées purement et simplement pour meubler les pages des romans.
Nous quittâmes toutes les filles de la terre et épousâmes, de ce pas là, des causes séduisantes quitte à voir nos parents convoqués toutes les semaines auprès de l'administration pour discuter de la sauvagerie de nos revendications...


Nous marquâmes notre époque, nous vécûmes fièrement et dignement, nous déchaînâmes nos âmes tremblotantes et le plus important, nous réussîmes brillamment notre BAC, ne sachant pas qu'au-delà de cet examen fatidique, allait commencer un autre calvaire, d'une toute autre espèce...

mercredi 6 octobre 2010

Qui défend les droits du peuple tunisien ?

Cela fait quelques jours que je ne dors plus.
La cause ?
Les images poignantes du public espérantiste victime d'une sauvagerie sans précédent de la part des forces de l'ordre égyptiens qui ont visiblement très mal pris qu'une dizaine de personnes allument des feux de Bengale dans les gradins du stade du Caire.

Quand ils subissaient l'impensable barbarie des policiers, le public, ne sachant plus à quel saint se vouer, se mit à entonner notre hymne national:
"Houmet al hima ya houmet al hima
halommou halommou li majd ezzaman,
Lakad sarakhat fi ouroukina eddima,
namoutou namoutou w yahia al watane"
à traduire:
"Ô défenseurs de la Nation, allons à la rencontre de la gloire !
« Mourons s'il le faut pour que vive la patrie ! »
Clame le sang qui coule dans nos veines."

Avant de conclure avec les deux vers de Aboulkacem Chebbi que je ne saurais citer sous peine de ne plus pouvoir continuer mon récit.

D'ailleurs, je suis malade de ce que j'ai vu. Je suis troublé, attristé, peiné, outré, révolté...
Couverts du drapeau national tunisien, ces jeunes instruits pour la plupart se sont trouvés face à face avec un bourreau qui leur a adressé sans se poser de questions des coups de matraque meurtriers...
J'en perds la suite de mes idées, ma logique, mon sang froid, ma raison... Je ne suis plus.

La police égyptienne mondialement et tristement connue pour ces nombreux cas de transgression des droits de l'homme les plus élémentaires, s'en est prise à mon peuple.
Or, je suis mon peuple.
Qu'ils soient ivrognes, pieux ou agnostiques. Riches, pauvres ou faisant partie de la classe moyenne. Je représente mon peuple totalement et complètement.
Et mon peuple me représente à chaque fois qu'il quitte le territoire ou qu'il se mesure à des étrangers quelque soit la compétition ou la discipline.
Quand Mohamed, Larbi, Sadok et les autres se sont pris des coups de matraque, je les ai ressenti ici, chez moi, dormant bien au chaud dans mon lit douillet.
J'en garde encore des stigmates indélébiles.
Je n'en pleure pas, parce que je ne sais plus pleurer, même si l'envie est tellement forte...

Après avoir craint pour leurs vies et avoir été arrêtés pour beaucoup, marqué au fer rouge pour les autres et à la matraque et aux poings parfois, ces gens là s'en sont pris plein la gueule de la part des médias égyptiens.
Ils ont été trainés dans la boue par nos amis de "Omm eddonya" avant d'être désavoués par les leurs.
Le Bureau directeur de l'espérance et le bureau fédéral de football tunisien présente ses excuses au nom du peuple tunisien pour ce hooliganisme de cette "frange égarée"...

Pourtant, sur les images, cette frange n'a été égarée que par la férocité de la police égyptienne.

Ne s'en est suivi aucun témoignage de sympathie, aucune défense acharnée et aucune intervention de l'ambassade qui vaille la peine d'être citée.

la "frange égarée" est écrouée au Caire et Dieu seul sait comment ils sont traités par ces bêtes féroces inhumaines. Mais, suis-je le seul à m'en inquiéter ?
Ils encourent jusqu'à cinq ans de prison, suis-je le seul con à en perdre le sommeil ?
Ils sont coupables d'avoir allumé des feux de Bengale ? De s'être défendu quand les policiers égyptiens les ont dévoré sans vergogne ?
Cinq ans ? putain... J'en perds les pédales...
Même pas la possibilité d'être rapatriés pour l'instant ?
Suis-je le seul à y voir une intolérable injustice à l'encontre de onze de nos ressortissants ?

Qui est là pour nous défendre ?
Nous sommes citoyens d'un beau pays nommé Tunisie.
Nous payons les impôts et nous suons sang et eau pour que des responsables ventrus, moustachus et écœurants de suffisance en venant se la péter dans le JT à propos de classements bidons où l'on est premier dans le monde arabe et le continent africain dans la qualité de "survie" notamment.
Nous subissons chaque année des accidents de transports en commun qui tuent plus que ne le fait le SIDA.
Aucun responsable n'est désigné. Aucun coupable n'est reconnu.
Pourtant, nous nous taisons, en attendant sagement que des problèmes techniques ou des freins défaillants viennent mettre un terme impunément à notre minable existence.

Cependant, quand nous sortons en dehors de nos frontières, Nulle aide, nulle reconnaissance, nulle solidarité et nulle pitié.
Pourtant, c'est notre droit d'être protégés et de voir nos intérêts défendus par l'état où que nous allions. Nous ne demandons pas la lune.
Juste un peu de décence et de dignité.

Touche un cheveu à un marocain ou à un algérien en Tunisie ou partout ailleurs et leur ambassade et leur consulat monteront aussitôt au créneau pour te corriger sévèrement.
Quant à nos ambassades et nos consulats, ils sont atones et léthargiques quand il s'agit de nous secourir.

Nous sommes tunisiens, nous en bavons pour avoir un simple VISA touristique pour le présumé "paradis" schengen, nous n'avons pas de presse digne de ce nom, nous n'avons pas de vie politique épanouïe ni de débats qui mériteraient d'être suivis et pourtant nous restons dans notre pays, nous militons pour lui permettre de gravir doucement mais surement les échelons du développement.
Alors, faites votre travail convenablement. Ce n'est pas une faveur que je demande, mais votre devoir de nous défendre que j'exige...

Pour cloturer en beauté, je cède finalement la parole à Aboulkacem Chebbi, le plus grand poète tunisien:

"Lorsqu'un peuple veut la vie, force est au destin de répondre
Aux ténèbres de se dissiper et aux chaînes de se rompre !"

lundi 4 octobre 2010

Ton malheur, frérot, est pour moi un jour de fête...



L'Espérance de Tunis joue son destin au Caire.
Ses supporters jouent leurs vies et celles des agents de police égyptiens. L'anarchie la plus complète.
Des coups de poing dans le ventre, des coups d’extincteur dans la gueule et malheur à celui qui tombera en premier.
Il sera piétiné par une foule sans merci.
Notre football, bien qu'il nous coûte des milliards est médiocre. Seul le niveau de la violence dans les stades a su très vite hisser le drapeau national très haut.

En Tunisie, il y a deux catégories de gens: Les espérantistes et les anti-espérantistes.
Je ne vous cache pas que d'habitude, je fais partie intégrante de cette population qui trouve que l'Espérance est un club qui use trop souvent de l'interrupteur.
Etant moi-même victime, d'innombrables manigances du plus vieux club tunisien. La dernière en date, l'inoubliable huit avril de cette même année. Quand même les dieux du stade n'ont rien compris à l'affaire.
Je suis hammamlifois jusqu'à la moelle. Je ne vois la vie qu'en vert et blanc. J'aime mon club et ma ville plus que tout.

Cependant, dans les compétition internationales, où un club tunisien se trouve propulsé en porte-drapeau national, je ne trouve aucun mal à le supporter corps et âme.
C'est ainsi, qu'on m'a éduqué. On m'a toujours dit que les plus proches méritaient plus que les autres mon affection.

Ce que je trouve aberrant en Tunisie.  C'est que la population est divisée dans tout ce qu'elle peut entreprendre.
On se souhaite un échec inéluctable même si ton compatriote rencontre des protagonistes étrangers.
On se délecte des malheurs des autres.
On déguste sans aucune retenue et avec une exaltation criminelle les larmes de son prochain.

Les espérantistes, eux-mêmes, ne sont pas des anges non plus. Ce fléau est général à toutes les catégories.
Même le niveau d'instruction n'a rien à voir là dessus.

On m'a appris, tout jeune, que la discorde et cette haine qui grandit à vue d'oeil est un ogre dont l'apparition signe le déclin de l'empire dans lequel il surgit.
Heureusement, la Tunisie n'est pas un empire. Mais c'est tout comme puisque les choses ne cessent d'empirer ici bas.

On se traite de tous les noms. On prie Dieu avec une incroyable sincérité et une piété jamais "employée" auparavant (sauf l'année du bac et celle du concours) pour que son prochain trébuche et tombe avant d'atteindre son but suprême.

On promet à Sidi Mehrez et Sidi Belhassen des offrandes (Généralement, un immense plat de couscous avec plein de morceaux de viande dedans) si jamais il intervient auprès du Très-Haut pour faire réussir notre complot.
Les pistons envahissants même les prières, mes amis.
Il m'a suffi d'afficher mon soutien au seul candidat tunisien à la présidence du football africain pour que je sois pris d'assaut d'insultes et d'une vague sans précédent d'indignations.
Je profite donc de l'occasion pour réitérer mon  le plus sincère qui soit, à un club qui porte haut les couleurs de notre patrie.
Bonne chance aussi au CSS.
Au passage, j'emmerde les médias égyptiens qui sèment la haine et mettent une lourde ambiance qui dégénère souvent dés qu'un de leur clubs accueille une équipe arabe.
Après, ils se mobilisent pour dénoncer la sauvagerie de la réaction des autres supporters.
Je ne défend pas l'indéfendable comportement des tifosi espérantistes, mais les connaissant, il doit probablement y avoir une injustice quelque part qui a pu catalysé de la sorte leur révolte.
Et ci-après, la confirmation de mes suspicions en images.
La police égyptienne, une des plus barbares de ce continent de sous-développés, s'attaque avec une violence inouïe au public espérantiste pour avoir osé manifester leur soutien à leur club à travers des feux de Bengale.





 

   






Dommage que chez nous, les journalistes, les médias et les hommes en général sont castrés. On n'a personne pour mener une guerre des images et répondre à des allégations aussi fausses qu'insolentes.
Notre presse est bien plus occupée à faire sa propagande et à copier et coller des insolites qui ne nous font même pas sourire.
Peu importe si quelque part, on nous fait passer pour de viles créatures sanguinaires.

Je ne vous dirai pas au revoir mais je me contenterai d'un "ya3mel allah fel retour" qui veut tout dire.

dimanche 19 septembre 2010

A six ans, je rêvais d'être... retraité !




En gros, les caisses sociales sont en train de faire faillite comme pratiquement partout dans le monde et la France tout récemment vu le vieillissement de la population (Les personnes âgées de plus de 60 ans passeront de 16% actuellement à 27% en 2030) et l'augmentation de l'espérance de vie à 75 ans.
Pour sauver les causses sociales d'une perte sinon inévitable, on s'attaquera à un projet portant le doux nom de "Réforme des retraites".

Il y a deux possibilités, et l'on pourra aligner les deux si cela nous chante: Soit on reculera progressivement l'âge de la retraite, on parle de 65 ans dés 2020. Soit on augmentera "légèrement" les cotisations. (Mais mon petit doigt me dit qu'on fera appel aux deux à la fois)
(Je rassure les chômeurs qui lisent cet article, vous n'aurez toujours rien à payer)

Le peuple acquiescera quoiqu'il en advienne de sa destinée, avec le large sourire qu'on lui connait tous et un hochement de la tête fataliste et machinal digne d'un jeun diabétique à qui l'on vient annoncer la nécessité de lui amputer un de ses membres.

Non pas comme ces peuples soit-disant développés, qui sortent manifester pacifiquement leur mécontentement par centaines de milliers envahissant les rues et abandonnant leurs postes pendant plusieurs jours !!
Nous, on est civilisé...
On sort pas dans les rues, sauf pour aller chercher à manger, ou pour aller s'acheter des "glibettes".
Sarkozy devrait songer à nous envoyer sa populace, on pourrait leur enseigner l'art de vivre en totale inertie harmonieuse avec son environnement socio-politique. (La dernière phrase est sophistiquée et contient beaucoup d'effets spéciaux, ne quittez pas, c'est fait exprès. Rendez-vous deux lignes plus tard.)

(Nous y voilà) De toute façon le résultat est le même partout, que ce soit dans les pays développés ou ceux qui sont très loin derrière et qui se disent en voie de développement. Le peuple aboie mais la réforme est toujours adoptée à la fin.
Entre temps, il y a toujours un délai de dialogue social sur la question. On a tout simplement l'impression que c'est fait uniquement dans le but de donner aux médias matière à parloter et au peuple un peu de temps pour digérer.
Il faut dire que cette décision est inévitable et visiblement vitale pour les caisses sociales.
Je ne suis pas spécialiste, non plus, pour discuter des modalités de cette réforme.
L'état serait déficitaire dans quelques années si l'on ne fait rien. Il doit donc agir et nous demander de payer de notre argent, de notre sueur et de notre vie le tribut de notre appartenance sacrée à ce beau pays qu'est la Tunisie.
Il n'y a plus rien à rajouter là dessus. Ainsi soit-il...(souhaitait-il du bout des lèvres, le regard rivé vers l'horizon)

C'est fou, je n'avais même pas six ans et je commençais à rêver de la retraite, de la belle vie, des grasses matinées, des débats enflammés avec des sexagénaires à propos de cette jeunesse perdue qu'on ne comprendrait plus évoquant la sempiternelle question de la "generation gap" et enfin de ce café matinal dégusté lentement sur la terrasse d'un salon de thé de la banlieue nord en lisant Courrier International.

Je sais, désormais que ce rêve est aussi inaccessible que celui de posséder un jour mon jet privé.

Heureusement, que le pays du jasmin a aussi pensé aux fainéants comme moi !!
Il me sera toujours possible et peut-être obligatoire de faire quelques années de "retraite" avant de trouver un poste question d'avoir un avant-gout et de ne pas trop s'impatienter par la suite en attendant mes soixante-cinq ans.
Aujourd'hui, j'ai aussi une pensée émue à toutes ces personnes qui n'auront finalement jamais de repos bien mérité après une longue carrière de dur labeur.
Parce que si l'espérance (sportive) de vie atteint les 75 ans, force est de reconnaître aussi que le Tout Puissant (Mazembe) finit souvent par nous rattraper bien avant... Ayant eu au passage, raison de nos espérances et de nos rêves d'enfant de pouvoir jouir un jour du quotidien ennuyeux mais ô combien alléchant d'un retraité oisif.

dimanche 15 août 2010

"Baznes touristes"

Il a trente piges.
Sa mère l'a nommé Amine.
Mais  tout le monde le surnommait Gaddour.
Aucun lien n'existe entre les deux. Mais dans un quartier populaire, quand les gens te désignent un pseudonyme, tu ne peux que t'y faire ou au mieux essayer de l'assumer.
Il n'avait aucune qualification, aucun niveau d'instruction.
Il avait quitté l'école assez tôt pour n'en garder que de très vagues souvenirs.
Il a toujours été chômeur. Jamais essayé de s'adonner à la mécanique malgré les incitations répétitives de son voisin Hammadi.
Dés l'âge de quinze ans, il est entré dans la cour des grands.
Il abordait des touristes allemands en faisant jouer nettement plus ses sourires ravageurs que ses connaissances si restreintes de la langue de Shakespeare.

Il a eu droit aux plus belles femmes qui soient. Aux restos les plus huppés. Aux palaces les plus inaccessibles.
Tout ce que Hammadi gagnait en un mois, il pouvait l'amasser en deux heures de temps.
En plus, il ne faisait que ce qu'il aimait faire.
S'amouracher pour de l'argent. C'est un deal raisonnable, agréable, rentable et surtout quand tout se passe sur les plages de sable fin de ce légendaire golfe d'Hammamet.

A travers les yeux d'une blonde qui rentrera en Russie demain, à qui il déclare avec un naturel étonnant: " I love you!", il se sent vivre, il se sent puissant et enfin, il a l'impression de contrôler la situation.
Demain elle s'envolera chez elle.
Elle ne cherchera plus jamais à le contacter, lui non plus.
Tant que "la marchandise" est disponible en abondance, que faire des relations à distance ?

Des années se sont écoulées. Aujourd'hui, celui qui se présente à ses conquêtes en tant que "Gad, a tunisian engineer", se sent blasé.
Celui qui arrive par de simples mots, des ondes vibratoires qui secouent le tympan auditif de la personne en face, à faire succomber des dizaines de superbes créatures, se sent inutile.

Qu'a-t-il fait de sa vie finalement ?
A part vendre du bonheur éphémère aux gens au prix de sa dignité...
Il se la pète sur la plage, certes, mais comme pour masquer sa honte de n'être qu'un parasite, un arnaqueur qui vit aux dépens de celles qui l'écoutent.
Il envie ce Hammadi qui gagne durement sa vie, pour nourrir ses quatre enfants et sa femme qui n'est autre que sa cousine, arborant un sourire qui ne le quitte jamais que ne connaissent que les gens heureux.
Il n'a rien et pourtant il a tout...
Son sourire à Gad, il le laisse au pas de la porte. En enlevant ce masque de guerre, tel un clown qui rentre chez lui après une longue série de spectacles, n'emportant chez lui que quelques dinars et un coeur gros.

En se regardant dans la glace brisée de son studio vide depuis le départ de sa mère, il se dit que lui, qui a tout pour plaire, est aussi désert que cet appart jadis comblé par la présence magique d'une maman qui ne le verra jamais dans le fabuleux costume du marié.

Comment pourrait-il oser envisager de se marier ? lui qui n'a d'autre ressources que d'attirer des touristes peu fortunées dans son lit ou le leur pour être plus précis.
Mais aujourd'hui, Gad veut en finir une fois pour toute avec sa vie de vagabond.
Il veut bâtir un foyer. Penser à demain. Délaisser le business qui a fait de lui un gigolo pourri avec qui aucune famille n'accepterait de marier sa fille.

En se dirigeant ce matin vers le garage de Hammadi pour lui faire part de son souhait de se "ranger" il fut interpelé par une feuille dactylo collée sur le rideau métallique où était inscrit Allah akber, Hammamdi venait de décéder dans la nuit...
C'était aujourd'hui qu'on avait prévu de l'enterrer...

Gad se dit alors, que c'est peut-être un signe du destin, il rebroussa chemin et pris un taxi pour la zone touristique...

samedi 14 août 2010

La déchéance de la nationalité






Avant d’entamer ce billet, je ne saurais occulter la censure sauvage et irresponsable qui a accablé un blog ami, d’un individu que je couvre de ma toute ma bienveillance.
Il s’agit du blog 3al-7it qui vient de subir la terrible sentence mais ce bloggeur qui, ingénieux comme toujours, vient de lancer un deuxième blog à savoir ta9tou9a.
Il va sans dire que je salue cette abnégation qui n’est pas étrangère à notre héro du jour.

Revenons à ce sujet ô combien sensible, j’ai nommé la radicalisation des peuplades.
Tout commence en France avec une série de commentaires racistes proférés par les plus hautes sphères du pouvoir avec notamment Brice (de Nice) Ortefeux et Sarko qui veut être à jamais calife à la place du calife tel son idole Iznogoud.

Avec une cote de popularité au plus bas, Sarko décide, comme il sait si bien le faire de détourner l’attention de son peuple en proposant une loi selon laquelle il pourrait déchoir certains criminels ayant la double nationalité de leur appartenance française.

Fait gravissime mais qui passe quand-même avec un discours bien rôdé et un peuple qui sombre à son tour dans la xénophobie encouragé par une Suisse qui a déclaré son inquiétude vis-à-vis de la « prolifération » de minarets sur son territoire à la suite d’un referendum fatidique.

Mais « cela ne nous regarde pas » comme dirait les inconnus dans un de leurs sketchs les plus populaires.
Je me considère comme étant citoyen du monde, mais entre nous, j’arrive à fermer les yeux sans tarder même en sachant que Sarkozy sera probablement réélu et que les tunisiens qui oseront demander le visa à l’ambassade française se verront traiter comme des chiens. (L’exemple typique du gardien de l’ambassade qui crie « Allez vous-en ici c’est le territoire français… »)

En Tunisie avec l’éclatement de l’affaire Mohsen Cherif et tous ces artistes qui ont opté pour la « naturalisation » des relations avec l’état d’Israël, on a compris que ce tsunami de racisme et de discrimination a fini par retentir sur le bon fonctionnement des neurones de nos concitoyens.
Facebook a relayé la révolte d’un peuple en mal de repères, de causes à épouser, d’ennemi à haïr, de valeurs à adopter et d’intellectuels à vénérer.
Un peuple endormi depuis des décennies qui a voulu dans un sursaut d’orgueil rétablir l’ordre des choses en sa faveur, comme au bon vieux temps.
La démocratie, c’est la dictature de la majorité. Mais quand la majorité est conne, le système ne tourne plus rond.
Des dizaines de milliers de tunisiens ont appelé à déchoir Mohsen Cherif de sa nationalité pour avoir trahi « la cause ».
Ce même peuple qui s’en fout royalement, au fond de ce qui se passe au proche orient. Qui se contente d’assister à une bagarre au quartier sans se donner la peine de composer le 197.
Qui s’arrête en pleine autoroute pour se délecter du spectacle d’un accidenté déchiqueté sans même appeler les secours et puis qui remonte tranquillement dans sa voiture avec au pire quelques nausées.
Ce peuple qui assiste tous les jours à un festival de « vendus » passés as dans l’art de la parlotte qui vient leur chanter des pseudo-convictions fabriquées de toute pièce dans l’unique but d’étoffer leur compte bancaire.

Jamais aucun individu respectable du Nafkhanistan n’avait osé hausser la voix.
Jamais, non plus, le peuple ne s’est insurgé contre ces pseudo-journalistes qui prennent à parti de pauvres personnes qui ont eu le malheur de l’ouvrir, de dire ce qu’ils pensent.
Pourtant, sur les colonnes de ces torchons on peut lire que leurs femmes sont des putes, que leurs enfants sont des drogués et qu’eux-mêmes sont des vendus aux services secrets étrangers.
Tout le monde sait que de toutes ces atrocités, il n’en est rien.
Mais Les nafkhanistanais dormaient confortablement sur leurs deux oreilles, jusqu’au jour où un certain Mohsen Cherif, les a « trahi » pour une poignée de dollars, il l’a fait le con.
Il a scandé « vive Bibi »
Netanyahou le criminel de guerre ? Oui c’est bien de lui qu’il s’agit.
Qu’on réclame une enquête sur ses artistes « vendus » qui vont pactiser avec l’ennemi et partager leurs joies alors que notre peuple subit les pires supplices en terre occupée. Oui je veux bien.
Mais qu’on vienne demander violemment la déchéance de la nationalité. Permettez-moi, ô grand peuple nafkhanistanais de vous demander gentiment d’aller chier.
La nationalité tunisienne.
Celle de Bourguiba, de Abdelaziz Thaâlbi, de Ali Riahi, de Ali Ben Ghedhahom, de Moncef Bey, de Mosbah Jarbou, de Chouchou (celui qui fait une ojja succulente prés tout prés du passage au centre ville), de Hattab (le célébrissime « Kaftejiste » de la rue du Ghana), celle de la yaourterie de la Marsa et d’Ennasr, celle du golfe d’Hammamet, celle du Boukornine…
Vous voulez priver un être humain de son identité ?
Décapitez-le, lynchez-le, agressez-le, ce serait moins douloureux que de lui enlever ce qu’il a de plus cher.

Ces derniers jours, le feuilleton Nsibti laâziza produit par Nessma tv avec un casting intéressant comportant entre autres Mouna Noureddine, Sofiene Chaâri et Kaouther Bardi et qui se moque ouvertement de l’accent sfaxien en reprenant grossièrement certains clichés mâchés et remâchés à propos des personnes originaires de cette région.

La diffusion de cette série a provoqué un tollé sur le net. Comme d’habitude la réaction a été disproportionnée.
Des milliers d’internautes ont manifesté leur mécontentement avec des répliques brillantes du genre : « Ils sont jaloux de nous parce que nous sommes la race supérieure », « on devrait instaurer le visa à Sfax »… (Je vais m’arrêter là, pour pouvoir continuer sans vomir ce que j’ai ingurgité au moment de la rupture du jeune)

L’accent du nord-ouest de la Tunisie et des tunisois a été surexploité par les humoristes tunisiens, jamais je n’ai entendu parler de mouvement de protestation.
Pourquoi Lamine Nehdi qui a toujours fait de ces accents là sont cheval de bataille, n’a jamais été contesté. Les sfaxiens (une partie) se prendraient-ils vraiment pour une race supérieure ?
Ou peut-être n’auraient-ils simplement pas le sens de l’humour ?
Parce que personnellement, je trouve la série très réussie avec parfois des accès certains de mauvais gout. Mais que voulez-vous ? Avec si peu de productions artistiques annuelles on est condamné à se contenter de peu.

Le pire c’est que chaque affaire qui éclate me fait redouter le futur. A chaque fois, l’avenir m’a donné raison puisque les réactions se radicalisent encore plus.
Si parfois mes mots sont durs, crus ou déplacés, comprenez que j’essaie de vous choquer pour que vous vous rendiez compte de la délicatesse de la situation.
Soyons indulgents. Soyons raisonnables.
Semons l’amour. Aimons-nous…

dimanche 17 janvier 2010

حتّى أنا مدوّن وطنيّ

توّة مديدة كبيرة و أنا غايب و موش لاهي بالخنّار إلّلي قاعد يصيرفي ها البرّ.
أما فمة كلام لازم يتقال.
من أقصى مظاهر التّخلّف تخوين الرأي المخالف و الإدّعاء إحتكار الوطنيّة.
توّة مدّة دخلوا معانا في البلوغوسفار جْمَيْعة يمثلوا في التيار التجمّعي و فيسع ما طاحوا يعطيوْ في الدروس للعباد ويخوّنوا و يعطيو في شهايد الوطنية لكل من ينضمّ فرحًا مسرورًا لظاهرة الشكر الأعمى.
أنا شخصيّا تْسَبِّيت ولكن والحمدلله لا تربيتي لا أخلاقي لا قرايتي يسمحولي باش نطيح للمستوى هذا.
فمة برشة ناس تدّعي حب تونس خاطر قاعدين يتمعشوا على ظهر الشعب و مساعدتهم الحكاية.
ملخص الحديث هذه تدوينة مساندة للمدون تيتوف و محاولة منّي باش نْعقِّل "المدونين الوطنيين" فماش ما يهديهم ربي و ينقصوا من التبوريب والرّيق البارد.
ماهمش يحكيو مع كمشة جُهّال باش تجد علينا لغة إلي الوطنيّة هوما خلقوها وهي حكر عليهم.
يا تقدّروا المخاطبين متاعكم و تقدّروا آراءهم يا أقعدوا سبوا العباد وأعملوا القائمات متاع الخونة في عوض ما تتلهاو بالرسمي.

يزّينا ما ضحّكتوا علينا عباد واحنا ساكتين.

ها البلاد المباركة مش متاعكم. ها التراب مش مكتوب باسمكم. تونس بلادي وبلاد كل التونسيين (تظهر بديهية الحكاية أما بالنسبة ليهم صعيبة فهمها)
هيا بخاطركم، عندي بزايد تحدّيات حتى أنا باش نرفعهم.

وانشالله تكون وصلت للمعنيين

dimanche 27 décembre 2009

Bloggeurs mégalomanes



La Tunisie, un pays où le blogging fleurit à longueur d’année avec certes des paroxysmes et des accalmies où la scène s’assombrit par des conflits sans fin et des enfantillages à tout va.

Mais dans mon pays les bloggeurs se prennent en général pour des sauveurs de l’humanité, des éternels donneurs de leçon, croyant parfois à tort faire partie de la minorité intellectuelle du pays.
Damnant en se réveillant tous les jours cette masse endormie qu’on se plait à dénommer « peuple » mais qu’on confondrait volontiers avec « troupeau ».

Se surpassant dans l’art de massacrer toute trace d’imperfection et ne mâchant jamais leurs mots parce que leurs blogs font souvent office d’échappatoires.

Oubliant souvent que rien ne nous en différencie, qu’on est le « peuple » et qu’on se confond naturellement dans ce troupeau.

Je fais partie de ces bloggeurs qui arborent un sourire fier en évoquant leur bébé virtuel en public ne trouvant aucun mal à décrire en détail leur dernier billet à tous ceux qui veulent bien l’entendre et parfois même à ceux qui n’ont rien demandé à savoir.

Je vois dans le regard des gens de l’incompréhension, de l’hébètement face à ma façon de parler de blogging, de blogosphère, de buzz, de censure, de « faire bouger les choses », de Ammar, de Nous...

On peine à me croire aussi impliqué, aussi « influent ». On me compare à un Don Quichotte qui croit pouvoir venir à bout de ses moulins à vent.
Beaucoup d’autres aussi assimilent ma mégalomanie à une mythomanie difficilement récupérable.

On croit surtout savoir que je ne fais que fanfaronner alors qu’au fond je suis un être ordinaire aussi impuissant qu’ils n’ont le malheur de l’être.

Ce n’est peut-être pas tout à fait faux.
Je dirais même plus, ils ont tout à fait raison.

Il m’arrive de me voir en porte-parole des opprimés, des laissés pour compte, des damnés et de toutes ces personnes qu’on prive de s’exprimer parfois par la force des choses (misère, pauvreté et tout ce qui en découle) voire même des fois par la force, simplement.

Je me dis souvent que si Patrick Sébastien a pu écrire des livres, que je pourrais sans aucun mal en rédiger des dizaines.

Je suis toujours à l’affut de cette information pour en faire l’écho sur la blogosphère, pour diffuser mon indignation ou dénoncer un abus ou une aberration.

Heureusement que je garde cette lucidité qui me fait revenir sur terre aussi souvent que la gravité (de la situation ou celle de Newton) me fait perdre la notion de la réalité.

mardi 22 décembre 2009

L’amour d’un club…




Avoir un diplôme d’ingénieur ou d’apprenti médecin en poche et avoir comme passion un club sportif.

Accepter sans trop se poser de questions qu’on te fouille avant d’accéder à tes gradins de prédilection.
Tout y passe.
Aucune intimité.
Même les zones sensibles du corps humain sont palpés soigneusement de crainte de te voir faire passer des armes de destruction massive parait-il.
Il n’est pas rare non plus de se voir obligé d’ôter ses chaussures en plein hiver.
Sécurité oblige. (Encore parait-il)
D’après nos informations, c’est la dernière méthode en vogue pour déceler les armes chimiques à type d’odeur nauséabonde. (Bravo pour l’innovation !)

Ressentir un plaisir quasi-jouissif rien qu’en usant ses cordes vocales dans l’unique dessein de soutenir son club jusqu’au bout.

Avoir une voix enrouée pendant toute la semaine qui suivra.
En être fier.
Parler pour ne rien dire afin que les autres se rendent compte que tu es de cette espèce noble qu’on appelle communément : Les fans.

Les fans sont des révoltés.
Les fans n’ont pas peur d’avaler des coups sévères livrés en bonne et due forme par des « bac moins dix » voire même des moins que rien.
Les fans, en entrant au stade qui est leur arène, ne lésinent pas sur l’effort pour cracher leur haine du système, pour dire leur mécontentement que leur inspire leur quotidien.

Ils le font souvent avec humour.
Un humour très corrosif, qui ne serait pas du gout de tout le monde.
Surtout, il faut le reconnaître en employant des termes choquants. Des termes évoquant les organes de certains des protagonistes du match en cours ou de leurs mères…
(Ce ne sont que leurs mères footballistiques m’a fait entendre un ami, une fois)
L’arbitre peut en attester, en « tête de turc » officiel de tous ces fanatiques du ballon rond.

Le fan est un être viril. Mais qui ne sait pas cacher ses larmes.

Il pleure pour exprimer sa joie ou sa peine. Tout dépend des circonstances.
D’autres préfèrent s’évanouir.
Les gouts diffèrent ici bas. On n’est pas là pour les discuter.

Quand les 90 minutes finissent par s’écouler. Le fan n’a pas encore fini son match.

Sa rencontre à lui dure des journées entières.
Des semaines parfois, de bonheur, d’amertume ou de migraine résistante à toutes les thérapeutiques usuelles.

Le fan est un passionné qu’on se plait à réprimander parce que le fan lambda a des diplômes mais très rarement des connaissances qui stimuleraient le respect enfoui au tréfonds de nos amis bourreaux.

Les joueurs dans tout cela ?

Les joueurs se gavent d’alcool et de produits illicites et dorment en toute quiétude, qu’importent les résultats tant que la paye de la fin du mois arrive en temps et en heure.

Ils se foutent de marquer ou de mettre à coté une balle inratable.
Quoiqu’ils doivent parfois se mordre les doigts pour une prime de victoire qui leur est passée sous le nez.

Le fan n’est pas dupe, il le sait et vit avec.
Sa passion est une maladie incurable qui réduit considérablement son espérance de vie.

Le fan meurt jeune pris d’une « crise cardiaque » en plein sommeil ou au mieux dans des gradins archicombles entre les siens.
C’est alors l’apothéose, la fin en toute beauté. Le martyr, arrivent à affirmer certains.

La société voit ces fans comme des bandits des moins que rien voire des êtres dénués de toute raison et de toute politesse.
Au contraire, je vois ces fans comme un signe de vitalité pour la société qui se donne tout ce mal à les héberger.
Parce que contrairement à beaucoup de leurs compatriotes, les fans forment une catégorie qui est parvenue tant bien que mal à exister.

jeudi 10 décembre 2009

Le terrorisme médical ou le calvaire d’un tunisien grippé





La pandémie de la grippe, voilà un nom dont la simple évocation fait trembler des bataillons de guerriers surentrainés, à la musculature saillante et au courage pourtant démesuré.

En Tunisie, les médias font comme tous les médias du monde. Parce qu’à ce niveau aussi la contagion est d’une vitesse effrénée.
Comme le bulletin d’informations est d’un creux inimaginable, on se laisse prendre par la magie de diffuser la terreur dans les concitoyens.
Pour faire comme les confrères. Parce que le journalisme est aussi un de ces milieux où la solidarité justifie les moyens parfois.
De toute façon, l’audimat justifie tous les moyens et toutes les ruses. Cette dernière idéologie est hélas, une règle d’or.

Le terrorisme médical bat son plein dans le monde. L’OMS se dit inquiète et semble même affolée face à cette grippe A.
La grippe ordinaire tue chaque année des centaines de milliers de personnes. Je n’ai pourtant jamais vu une mobilisation ou une campagne quelconque sur le sujet. Peut-être que les labos qui produisent les vaccins contre la grippe n’ont pas la main aussi longue que ceux de la grippe A.

En Tunisie, comme partout ailleurs j’imagine, la panique a diffusé vers la population.
Il suffit aujourd’hui, de porter une bavette pour passer pour un individu galeux que l’on devrait fuir à tout prix.

Cette expérience je l’ai vécu à travers un proche qui vient de présenter quelques signes évocateurs d’une grippe.
Toux, écoulement nasal, larmoiement (Catarrhe), douleurs musculaires, fièvre…
Je lui ai conseillé d’aller consulter à l’hôpital de l’Ariana, où comme dans tous les hôpitaux et centres de santé, des bureaux ont été entièrement réservés à la grippe.

Il m’a raconté que dés son arrivée, et juste après avoir prononcé le mot magique « Puis-je savoir où se trouve les consultations de la GRIPPE ? », le personnel soignant et même les gardiens n’ont même pas daigné le regarder, se sont gentiment éloignés de lui faisant un signe vague de la main.

Dans son incompréhension, il a préféré se retirer et aller seul à la recherche du médecin.
Ce dernier l’achèvera finalement en prononçant la sentence on ne peut plus lourde de conséquences : « Vous avez vraisemblablement la grippe A ».

Oui !
Merci !
Une bavette lui donnant des airs d’un évadé d’un des pavillons de haute surveillance d’un hôpital psychiatrique étasunien. Comme ceux qu’on nous montre dans les thrillers américains.
En sortant, aucun taxi n’a accepté de s’arrêter pour le déposer chez lui, à deux kilomètres de là. Il a du tant bien que mal, prendre son courage à deux mains et marcher.
En arrivant il trouva que l’information avait déjà fait le tour du quartier. Aucun de ses voisins qu’il venait de saluer n’avait pris la peine de lui répondre.
Ils ont tous préféré fuir frénétiquement sans même faire semblant qu’il était pareil qu’hier, un voisin bien-aimé par tous.

En entrant chez lui, sa propre famille. Ses femmes et ses enfants tous deux adolescents, lui réservèrent une surprise de taille. Il était mis en quarantaine dans une chambre.
On le pria gentiment de ne pas en sortir jusqu’à nouvel ordre.
Il croyait halluciner. Pourtant ce n’était que la vérité crue.

Même ceux à qui il téléphonait pour leur annoncer la mauvaise nouvelle, ne décrochaient pas. A le croire la grippe se transmet par téléphone aussi. Pourquoi pas !

Un ami d’enfance en arriva même à l’accuser de lui avoir transmis le virus non sans un brin de reproches.

Excédé, usé mentalement et même marqué au fer rouge après seulement 24 heures d’isolement et de haine incompréhensible. Il décida sans tarder d’aller faire un test de la grippe dans le laboratoire d’analyses le plus proche.
Ce test coute actuellement 30 dinars. Mais ce n’était pas très cher payé face à la délivrance qu’il pourrait ressentir si ce test revenait négatif.


Écouvillonnage nasal, la réponse était venue par téléphone, parce qu’on le pria, là encore, de quitter immédiatement après le prélèvement, les lieux. TEST NEGATIF !
Ce n’était qu’une vilaine bronchite.

Il s’en alla prévenir les autres.
Comme toujours, ils répondaient qu’ils savaient, qu’ils étaient juste occupés quand il les a appelés et qu’ils ne daignaient pas décrocher.

Désormais, il le sait, par expérience, dans ce contexte particulier, il vaut mieux attraper un cancer métastasé que cette abominable mais ô combien simple grippe A.

mercredi 9 décembre 2009

Le film Doweha (Les secrets), pas aussi catastrophique qu’on ne le prétend




J’ai eu l’occasion de voir ce nouveau film tunisien signé Raja Amari et laissez-moi en donner mon avis en toute objectivité.

Tout d’abord, je n’ai de cesse à le rappeler, je n’ai aucune qualification de critique cinématographique. Cela ne m’empêche pas d’avoir une réaction. Mais, il n’y a aucun mal à le rappeler.

Il est vrai que le film peut paraître monotone des fois. Que les acteurs entrent parfois dans un mutisme que certains trouveraient exagéré ou ennuyeux.
Ce film ne déroge pas à la règle des films tunisiens non plus, qui pour vendre des films offrent du sexe en prime. Avec des scènes que je trouve inutiles comme celle du bain où l’actrice apparaît nue avec sa poitrine vraisemblablement siliconée comme l’a si bien attesté notre fin connaisseur en la matière weld byrsa. :)

Ce film n’en demeure pas moins, un bon thriller.
Une vision chaotique du monde qui nous entoure.
Une collision entre deux dimensions celle de l’insalubrité et la misère contre celle de la jeunesse qui chante à pleins poumons sa joie de vivre et d’aimer.

Ce film, fait étalage certes, de trop d’évènements, de trop de complexité, de trop d’incohérences en trop peu de temps. Mais avec ses airs de « the others », il ne m’a pas laissé indifférent.

Le jeu de Hafsia Harzi, l’héroïne était grandiose en dépit de ses problèmes d’accent.

En tout cas, c’est un film « bon à prendre » dans cette sécheresse cinématographique nationale.

Cependant, ayant été au cinéma Hannibal d’el Manar, je fus choqué par l’attitude du public. Des gens d’un certain âge pour la plupart, d’un certain niveau en apparence. Mais Dieu qu’ils sont irrespectueux !

Des paquets de chips qui monopolisent notre ouïe voire même les éclats du mâchage de cette substance qu'on ne croyait plus voir de sitôt, vu l'interdiction du pèlerinage à savoir le « louben » !
C'était sans compter sur la formidable capacité du tunisien à en stocker pour les saisons rudes.
Etant prévoyant de nature.

Le cinéma, un des temples de la culture est profané par des minables. Mais c’est un mal nécessaire, que de supporter qu’il y ait des tunisiens dans une salle de cinéma en Tunisie.

Le tunisien étant une espèce à part, se doit de marquer son territoire, fort heureusement non pas en urinant autour de la zone en question mais en manquant de respect et en poussant à bout les voisins.

Si je gagnais à la loterie je me ferais édifier une salle de cinéma où je regarderais les films en avant-première en excluant toute odeur de peuple de ma compagnie et où, c’est inévitable, je me laisserais prendre dans la magie de la playstation 3 et le célèbrissime best-seller de Konami. J’ai cité : Pro Evolution Soccer.



P.S: Vous aurez bien saisi j'espère que c'est seulement une partie du peuple tunisien que je critique. Il y a des cons partout. Ici pas pas plus qu'ailleurs.

lundi 7 décembre 2009

Les appréhensions d’un journaliste



C’est l’histoire d’un journaliste fort d’une expérience de plus d’une trentaine d’années.

Passionné qu’il était, depuis sa tendre enfance, de ces évènements qui font bouger la planète dans tous les sens.
Il avait toujours sa plume à portée de main, pour retranscrire le plus fidèlement possible ce qu’il constatait.

Du haut de son impressionnante bibliothèque qui lui a conféré une culture riche et variée, il pouvait prétendre voir en des événements apparemment anodins pour le commun des mortels, des indicateurs sociopolitiques infaillibles.

Il se tuait à la tache pour présenter à ses lecteurs une information aussi bien formulée que présentée et surtout pertinente.

Ainsi, il arrivait à pondre de véritables petits joyaux, entachés parfois, il faut dire, par ces innombrables coquilles qui venaient se glisser insidieusement entre les mots.

Le lendemain quand son billet était sur papier, il s’enfermait dans son bureau à dénombrer ces fautes de frappe qui ont échappé à la présumée infaillible triple correction qui est censée passer au crible tous les écrits mais qui finit toujours par succomber à la superpuissance de l’imperfection.

Il ne savait quoi répondre quand on le croisait dans la rue pour lui faire savoir qu’on avait relevé un participe passé faussement féminisé ou un « le » qui avait sauté.
Il hochait la tête signe de gratitude, souriait et continuait son chemin.

Il vivait rongé de ses remords pour des fautes dont il n’était que partiellement responsable. Il était journaliste mais on le condamnait pour avoir eu la malchance de tomber sur un correcteur incompétent.

Ce sont des aléas connus de la vie de tout journaliste. Il l’avait admis avec le temps. Il est même arrivé au point de devenir indifférent face à tous ces mots qui lui jouaient sournoisement des tours.

Cependant, ce qu’il n’a jamais pu accepter c’est surement le sempiternel mal de la « dead line », voyez-vous, cette ligne de la mort au-delà de laquelle on ne peut plus diffuser aucune information sous peine de ne pas pouvoir publier le journal en entier.
Dans le journal qui l’avait engagé, depuis des décennies, la « dead-line » était fixé à 20 heures.

Durant toute sa carrière, il en est arrivé à ne plus compter les scoops qui lui ont passé sous le nez.

Il trouvait que c’était dommage de détenir une information en avant-première et de voir le lendemain des télévisions et des radios et autres plateformes beaucoup plus réactives que les journaux, en faire l’écho.

Souvent il prenait son téléphone et appelait tous ses amis pour leur annoncer la nouvelle comme pour avoir l’impression qu’il ne perdait rien.
Mais il savait pertinemment qu’en journaliste consciencieux qu’il était, c’était un échec cuisant à chaque fois qu’il privait ses lecteurs d’une information qui leur aurait été précieuse.


A trois ans de la retraite, sa vie de journaliste classique qui semblait vouloir demeurer inexorablement figée jusqu’à la fin de sa carrière, a pris une tournure passionnante.
En effet, il a fini par opter pour le journalisme électronique.

Depuis, les coquilles ne sont plus aussi pérennes qu’elles ne l’étaient auparavant : gravées à l’encre noir sur du papier de format A3 mais sont corrigées au fur et à mesure qu’elles sont découvertes ou signalées par des lecteurs.

La « dead-line » ne veut plus rien dire pour lui.
Il lui arrive de poster des scoops au beau milieu de la nuit.

Il n’aurait jamais pu croire gouter un jour au plaisir, de faire de l’ombre aux autres médias.

Plus vite que son ombre, il écrit, publie et voit les gens réagir avec plus ou moins de ferveur.

A l’heure qu’il est, je le vois, crayon à la main à devancer tout le monde.

Une nouvelle ère du journalisme vient de voir le jour, il est comblé d’être un de ses rayons de soleil.

samedi 28 novembre 2009

L’esprit de l’aïd expliqué aux plus petits (et éventuellement aux nuls)



«L’aïd el kebir » autrement appelé la grande fête ou fête du sacrifice.
Qu’importe quelle nomenclature est plus d’usage.
Ce moment privilégié de la vie de tout musulman même des plus démunis d’entre eux. Vu que L’islam incite à l’entraide et aux offrandes qui permettent de faire des malheureux en ce jour une infime partie de la communauté.

Oui !
Seulement en théorie !
Parce qu’avec des moutons de « petit calibre » à 500 dinars valant presque plus que leur pesant d’or, on ne peut pas dire que c’est une fête accessible à tout bon musulman, ou à toutes les bourses quelque soit le degré de piété.

Je cite à titre d’exemple le cas de Skander, un jeune diplômé chômeur avec son quotidien morose et sa vie d’un ennui placide.

Quand je l’ai croisé, le jour de l’aïd, il était attablé, le regard vide, autour d’un verre de capucin à trois cents millimes acheté avec des facilités de paiement, dans un des cafés hammamlifois les plus connus vu que d’un point de vue purement géographique, on ne pouvait vraiment pas le rater.
Se situant en plein rond-point de la ville d’Hammam-Lif à savoir le centre de gravité de cette petite ville fort sympathique mais engloutissant, je le reconnais, un tas de cas sociaux et de peines ancrées.


Il passait à revue tous ces aïds où ses parents lui ramenaient un mouton avec des cornes faisant un tour et demi. Il le sortait dans le quartier pour fanfaronner, étant de nature extrêmement vantard.

Quand il faisait ses études à l’IHEC de Carthage, il côtoyait les riches de la Tunisie. Il avait appris au fil des jours à partager leurs folies des grandeurs, leurs rêves incommensurables et leurs ambitions infinies.

A mesure qu’il escaladait les échelons académiques, ses rêveries enflaient.
Il se voyait déjà ministre des finances ou président de l’ONU.
Jusqu’au bien évidemment où sa maitrise est arrivée comme pour lui rappeler d’où il venait parce qu’il semblait avoir oublié avec le temps.

« Il est né pauvre, il mourra pauvre. »
C’était presque scandé en chœur le jour de sa soutenance par les présents.
Pourtant personne n’était présent puisqu’il avait opté pour l’huis-clos de crainte d’être intimidé.
Les chaises vides de la salle n’en avaient rien à balancer. Ils le narguaient.
Il était pourtant arrivé à les ignorer et à terminer son exposé en toute beauté.

Après cinq ans de ce jour fatidique, Skander s’est esseulé le jour d’un aïd où tout le monde est censé être heureux sauf lui et probablement aussi les gens qui lui ressemblent, à qui la vie ne semble pas daigner sourire.

Il est de confession musulmane certes. Mais il se permet de se poser certaines questions quant à cette fête du sacrifice.
Cette fête est le jour le plus difficile à vivre pour le jeune diplômé chômeur qui ne compte plus les mois d’oisiveté.
Il voit les gens sourire, défiler devant le boucher d’en face forts de leurs couffins qui peinent à englober toute la masse de viande qu’elles véhiculent.

Chaque cou de feuille de ce boucher d’en face est un supplice.
Pourquoi n’a-t-il pas un travail ?
Pourquoi ses parents sont morts ?
Pourquoi personne ne l’aide ?
Pourquoi ce qui est théoriquement la fête de la générosité tourne au cauchemar pour lui ?

N’ayant pas les moyens de s’offrir de la viande tout au long de l’année.
Il en est arrivé à oublier son gout.
La blague assez connue qui dit « Comment appelle-t-on les gens qui ne mange pas de viande ? Les pauvres ! », ne le fait pas sourire du tout. Bien au contraire
Il trouve qu’il aurait répondu pareil vu son expérience personnelle.

Et puis il se leva avec amertume pour mettre fin à ce calvaire saluant au passage ce tortionnaire par excellence qu’est le boucher d’en face et quitta les lieux.

Il est déjà 17 heures, cette journée est bientôt finie. Il s’en va noyer son chagrin dans un verre d’eau à la concentration surélevée de calcaire pour faire passer ces calmants qui lui permettent de vivre ou plutôt de continuer à rêver.

Puisque le rêve éveillé s’est révélé impossible.
Il est devenu réaliste et s’en remet à Morphée.
Demain, il respirera un bon coup. Il lui restera une bonne année à vivre pleinement sa misérable vie avant que la fête de la générosité ne vienne le lui rappeler.

mardi 17 novembre 2009

Finalement, ce blogging (tunisien), il en a dans le ventre !

J’ai passé un moment loin de cette blogosphère, loin de ses prises de tête, loin de ses polémiques qui ne trouvent leur valeur que dans les insultes échangées plus ou moins équitablement par des masses qui se rejoignent pour mieux massacrer.

Cependant, avec les derniers évènements, nous avons pu comprendre que cette blogosphère avait cette formidable capacité de renaître de ses cendres, de faire de sa persécution une source inépuisable d’inspiration.

Tout le monde a mis de coté ces différends qui scindaient une mini-blogosphère en de micro-blogosphères stériles et isolées.

Aujourd’hui, Tn-blogs apparaît comme retapé à neuf, séduisant, attrayant et donnant l’air d’être capable de discerner, de critiquer et par conséquent de déranger.

Il est vrai que je râle presque tout le temps, trainant malgré moi, mon sale caractère d’éternel insatisfait. Mais là, force est de constater qu’une nouvelle brise de liberté souffle sur nos blogs et nous entraine dans sa mouvance.

Bravo à tous et merci !

dimanche 15 novembre 2009

La Tunisie et la grippe A : Au diable les étudiants en médecine !



La Tunisie est l’un des pays qui prennent le plus de précautions pour essayer de limiter les dégâts de cette pandémie qui menace l’humanité.

Les tunisiens ont par exemple été privé d’aller en pèlerinage à la Mecque pour cette année.
Je tiens à saluer cette position. Aucun pays arabe n’en a eu le courage.

Cependant, il est naturel de faire bénéficier tout le personnel de santé du vaccin contre cette forme de grippe vu le risque accru de contagion quand on est en contact permanent avec des malades et d’éventuels porteurs de ce virus.

Les responsables n’étaient pas du même avis.
Les externes (étudiants en médecine qui, rappelons-le, doivent se présenter dans leurs stages respectifs six jours sur sept, de huit heures à midi et de qui on exige une présence maximale au lit du malade) ne sont pas compris avec le personnel médical. Ce qui est une aberration magistrale.

La vaccination sélective. Une nouvelle forme de ségrégation envers cette population estudiantine spécialement réputée pour ses incroyables capacités à fermer sa gueule même quand ses droits les plus élémentaires sont bafoués, en l’occurrence maintenant, celui d’apprendre, d’aider sans risquer sa vie.

A bas cette « léthargie citoyenne » !

A bon entendeur !

mardi 27 octobre 2009

Offre alléchante au pays du bonheur absolu : un sidéen pour conjoint

Le Certificat Médical Prénuptial, à priori un gage de sécurité pour tous les chanceux de ce monde qui ont vu chez un être humain la douceur et l’amour que devrait fournir une moitié digne de ce nom.

En effet, il n’est délivré qu’après avoir pris connaissance des résultats d’examens cliniques et paracliniques destinés à rechercher une quelconque pathologie contagieuse que couverait l’un des présumés futurs-époux.

Jusque là, vous vous demandez probablement la raison d’être de ce texte vu que le commun des mortels est déjà initié à ce genre d’informations basiques.

L’immense problème, chers amis, comme l’indique le titre de ce billet, c’est que le dépistage du VIH, virus responsable du SIDA, (pour ne citer que cette pathologie) n’est pas de pratique courante en Tunisie dans le cadre du Certificat Médical Prénuptial.

Ce qui m’a poussé à tirer ce signal d’alarme c’est cette dame qui s’est présentée aux consultations externes du service d’infectiologie et chez qui on a retrouvé le VIH.
Il s’est avéré par la suite que même sa fille portait dans son sang cette bombe à retardement.
Et en poussant plus loin les investigations, on a compris que le mari avait reçu un certificat prénuptial affirmant qu’il pouvait se marier sans risques alors qu’il était séropositif pour le Virus de l’Immunodéficience Humaine.

Destin tragique pour une femme que le système sanitaire a trompé.

Cependant, tout le monde peut exiger que le dépistage du VIH figure dans la liste des examens à réaliser.

Exigez donc, votre droit de vivre !
Parce que le SIDA tue…
Parce que le système sanitaire tue…
Parce qu’un citoyen averti en vaut bien deux.
Parce que le SIDA n’a pas de visage ou alors celui d’un sourire éclatant voire même d’un corps alléchant.
Pour finir parce que… La confiance dans ces circonstances n’est qu’une bêtise d’une infinie naïfeté.

samedi 12 septembre 2009

Je pleure l'art urbain en Tunisie à commencer par ce foutu rap tunisien!

J’en arrivais même à cultiver ce rêve clandestin de faire comme mes idoles, de prendre un micro, de placer des rimes sur un rythme effréné, de faire bouger des têtes et marcher des neurones.

Encore fallait-il avoir la capacité de dire ce qu’on ne savait pas ou d’exprimer ce qu’on savait autrement pour se frayer un chemin et avoir un public qui daignera bouger la tête en écoutant.

Je m’enivrais d’écouter des chansons que beaucoup ne comprenaient pas ou n’y arrivaient tout simplement pas à discerner le moindre gout ou le soupçon d’art dans ce vacarme douloureux à entendre et indigeste pour l’ouïe.

Après tant d’années écoulées, force est de constater que le rap est resté un rêve qui a fini par régulariser sa situation dans mon esprit, au fil des années en tant qu’une ambition ô combien inaccessible.

Faire du rap ? Mais tu fais déjà médecine ?
Un médecin rappeur ! Tant que la thèse se fait attendre et qu’Hippocrate ne m’a pas obligé à suivre certaines règles à travers un serment vieux comme le monde dont l’interdiction d’allier deux boulots « contradictoires » vu qu’être médecin est jugé noble alors que faire du rap est présumé méprisable.

Pourtant, je me sens on ne peut plus tenté d’être une grosse gueule qui viendrait vomir sa haine et communiquer son spleen à des spectateurs déchainés en mal de rêve et de repères.

Ce rêve me hante toujours et même plus qu’avant… De peur que ce ne soit un regret de plus à noter sur son testament.
Surtout quand je vois où en est le rap tunisien aujourd’hui. Très loin de nous ces rappeurs aux textes qui feraient rougir un féru défenseur des classiques de la musique de variété par un niveau pratiquement littéraire comme ceux du groupe IAM, de Passi ou de MC Solaar avec ses rimes déroutantes.

Chez nous, je ne vois qu’une bande de ratés, qui crient mais ne chantent pas et même s’ils se permettent parfois de chantonner, les textes n’ont aucune portée, ou pire, des fois, ils véhiculent des idées vieilles comme le monde comme ce Balti qui nous gratifie de sa « perle » : « Okhty ». Cette chanson où il interdit presque à sa sœur d’aimer avec le ton paternaliste et avisé d’un arriéré mental.
Cependant, il faut l’avouer, il a eu par le passé des « illuminations » avec notamment un certain morceau intitulé « Pouvoir, sexe w flous »…

N’en parlons même pas du reste du troupeau qui fait mine de ne pas mâcher ses mots mais qui aurait tellement mieux fait de les remâcher voire même de les avaler pour ne pas briser un silence dont on se rend que rarement de la valeur.

Même si je désespère parfois de voir un jour ce domaine fleurir.
Un autre mouvement qui vient de naître en Tunisie bien longtemps après les states (bien évidemment), c’est bien sûr le Slam.
Cette poésie urbaine qui est encore très selecte en Tunisie. Le groupe Slam Alikom mené par le talentueux Hatem Karoui fait présager le meilleur.

« I have a dream » comme Martin Luther-King en avait un à son époque, relativement s’entend.
Si en Amérique après tant d’années le rêve de ce pasteur noir fut pulvérisé par une réalité incroyable avec l’arrivée de Obama à la maison blanche pour casser la « barack » (Pour reprendre un jeu de mots très utilisé), j’ose aspirer à percer un jour dans ce milieu et de m’accrocher à l’art pour ne briser les chaînes qui me musèlent.

Sauf qu’on dit qu’en parler porte malheur…
Tant pis, ne dit-on pas aussi que la chance, c’est pour les faibles…

vendredi 21 août 2009

Un peuple qui aime se féliciter…

Je fais partie d’un peuple qui voit le bien partout.
Qui s’illustre de mille manières pour se féliciter d’une nouvelle journée.
Qui se tord pour trouver des occasions parfois tellement surprenantes de s’embrasser et de se dire « mabrouk ».
Les SMS défilent, l’opérateur téléphonique jubile, le peuple rit aux éclats.
Nous sommes des gens abondamment heureux de vivre au point que l’on célèbre nos fêtes et celles des autres cultures pourvu que l’on ait l’occasion d’échanger des vœux de bonheur.
Peut-être parce que souhaiter est un acte gratuit et qu’ici bas on affectionne particulièrement la gratuité.
C’est probablement pour cela que dans le JT de 20 heures de notre chaîne publique vedette, j’ai cité la première/septième chaîne télévisée TV 7, on est toujours content de ce que l’on est même si l’on n’est rien… Mais la vie est trop courte pour qu’on la gâche à s'auto-critiquer…

Critiquer oui ! Vous savez cet acte diabolique qui ne dénote que d’un mauvais gout et d’une haine démesurée à l’objet de la critique.

Il ne me reste plus que de vous souhaiter joyeux ramadan, joyeuses fêtes, vive la Tunisie, premier pays arabe et africain du point de vue de la qualité de vie, premier championnat de football à l’échelle africaine et arabe, premier pays arabe dans la compétitivité de son économie…

Viens embrasser ton frère ! Mais lèves-toi ! Tu n’oublieras pas de saluer ta maman et ta tante au Canada !

« Devenez tunisiens et accédez au bonheur ! »